Dans un contexte régional marqué par la guerre au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis mettent en œuvre des mesures pour préserver la stabilité de leur système financier.
En première ligne, la Banque centrale des Émirats arabes unis, l’autorité monétaire fédérale en charge des sept émirats, a annoncé un ensemble de mesures d’assouplissement destinées à soutenir les banques, renforcer la liquidité et maintenir la capacité de financement de l’économie, selon Bloomberg.
Dans la foulée de ces mesures, les établissements bancaires pourront différer le reclassement des prêts en créances douteuses pour les emprunteurs touchés par des «circonstances exceptionnelles». Par ailleurs, les banques pourront mobiliser jusqu’à 30% de leurs réserves obligatoires, tout en accédant à des facilités de liquidité à terme libellées en dirhams et en dollars américains.
Des fondamentaux financiers solides
Parallèlement, la banque centrale des Émirats arabes unis a mis en avant la solidité des fondamentaux financiers du pays: les réserves de change dépasseraient 1.000 milliards de dirhams (près de 270 milliards de dollars), tandis que la liquidité globale disponible avoisinerait 920 milliards de dirhams, dont plus de 400 milliards constitués de réserves.
Singapour au lieu de Dubaï ?
Pourtant, certains investisseurs et grandes fortunes commencent à reconsidérer la concentration de leurs actifs à Dubaï. La guerre a mis en lumière des risques régionaux qui incitent certains à chercher des alternatives plus sûres, comme Singapour. Ce centre financier, qui a bâti son attractivité sur la stabilité, l’ouverture et l’éloignement des turbulences régionales, fait aujourd’hui face à un test majeur susceptible d’ébranler son statut de refuge pour les capitaux et les grandes fortunes.
La soutenabilité du modèle économique de Dubaï
The Wall Street Journal laisse entendre que la question ne se limite plus aux seuls dommages directs de la guerre, mais concerne désormais l’image même de Dubaï et la soutenabilité de son modèle économique. L’émirat, qui a longtemps cherché à se positionner comme la «Suisse du Moyen-Orient» — un refuge sûr et neutre pour conserver et gérer les fortunes —, fait aujourd’hui face à un véritable test de cette réputation. Et le simple arrêt des attaques pourrait ne pas suffire à effacer l’impact psychologique et financier de la crise, car les investisseurs ne se préoccupent pas seulement de ce qui s’est produit, mais également de la probabilité que cela se reproduise.
Tourisme et résidents à long terme
Même un recul limité des flux de capitaux ou des décisions de résidence à long terme pourrait affecter des secteurs clés comme l’immobilier, les services financiers et le tourisme. Certaines transactions immobilières ont déjà été mises en attente, signe que la confiance, base du succès de Dubaï, est désormais testée, relève le journal.
Les atouts qui tiennent Dubaï à flot
Pour autant, le journal ne va pas jusqu’à affirmer que Dubaï a perdu toutes ses forces d’attraction. Il souligne implicitement que le pays conserve encore des atouts majeurs, tels que des infrastructures développées, un environnement fiscal attractif, la facilité de faire des affaires et une position géographique centrale entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.
Cependant, ce qui a changé, selon les témoignages d’investisseurs et de gestionnaires d’actifs cités par le journal, c’est que ces avantages ne suffisent plus à eux seuls à dissiper les inquiétudes, désormais renforcées par l’intégration directe du facteur guerre dans les évaluations.




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