La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, en visite officielle à Alger, a annoncé mercredi un renforcement de la coopération avec l'Algérie dans le but «d'augmenter la fourniture de gaz» algérien à l'Italie.
Ce deuxième déplacement de Mme Meloni en Algérie depuis 2023 s'est retrouvé centré sur le gaz alors que la puissante industrie italienne subit de plein fouet la flambée des cours du fait du conflit au Moyen-Orient.
«Nous avons décidé de renforcer notre coopération déjà très solide à travers nos champions nationaux», les compagnies italienne Eni et algérienne Sonatrach, «en travaillant sur de nouveaux fronts comme le gaz de schiste ou l'exploration offshor », a annoncé Mme Meloni, devant la presse, aux côtés du président algérien Abdelmadjid Tebboune.
L'objectif est de «renforcer le flux de fourniture de gaz de l'Algérie à l'Italie», a ajouté la Première ministre, dont le pays dépend de l'Algérie pour plus de 30% de ses approvisionnements.
Ce gaz naturel est acheminé pour l'essentiel via un gazoduc appelé Transmed qui fonctionne déjà à pleine capacité, selon des experts contactés par l'AFP, et sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par des méthaniers.
Mme Meloni a insisté sur les liens «d'amitié profonde» entre l'Italie et l'Algérie qui «se sont entraidées tant de fois et ont toujours été présentes l'une pour l'autre dans les moments de besoin».
De son côté, M. Tebboune a confirmé la volonté de l'Algérie «d'être fidèle à ses engagements étant donné que nous sommes un partenaire stratégique et de confiance de l'Italie et de l'Europe en général».
Mme Meloni n'a pas donné de détails financiers sur de possibles investissements que pourraient lancer Eni et Sonatrach dans l'exploration et la production de gaz naturel.
L'Italie avait déjà indiqué ces derniers jours discuter «directement» avec l'Algérie ainsi que l'Azerbaïdjan et les États-Unis, après les frappes iraniennes sur le Qatar, qui fournit habituellement 10% des besoins italiens en gaz.
Chambre de commerce algéro-italienne
Selon les experts interrogés par l'AFP, l'Algérie, devenue depuis la guerre en Ukraine un fournisseur clé de l'Union européenne, dispose d'une certaine marge pour accroître ses livraisons en GNL mais ne peut pas remplacer à court terme le Qatar, dont la production est deux fois supérieure (200 milliards de m³ par an). Outre l'Italie, ses principaux clients sont l'Espagne, à laquelle elle est reliée par un autre gazoduc (MedGaz), ainsi que l'Allemagne et la France.
Concernant la guerre au Moyen-Orient, Giorgia Meloni a souligné qu'elle impliquait «tout le monde» et que « si elle devait se prolonger dans le temps, elle pourrait avoir des conséquences «économiques et sociales» néfastes pour les pays «les plus vulnérables» d'Afrique.
Dans ce contexte, a-t-elle ajouté, «l'hypothèse d'un dialogue en cours entre États-Unis et Iran serait une bonne nouvelle» et «l'Italie soutiendra, grâce à son solide réseau de relations avec les pays du Golfe, toute initiative pouvant ramener la stabilité».
La visite de Mme Meloni a débouché aussi sur la création d'une chambre de commerce algéro-italienne «pour libérer le potentiel inexprimé des relations» bilatérales, selon la Première ministre.
Avec M. Tebboune, elle a dit avoir aussi évoqué le «rôle extraordinaire» que joue l'Algérie dans la région importante et délicate» du Sahel, «de plus en plus en proie au jihadisme».
Sur la question du Sahara occidental, où un conflit oppose depuis 50 ans le Maroc aux indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger, Mme Meloni a souligné «le soutien de l'Italie aux négociations en cours pour trouver une solution durable, mutuellement acceptable et en ligne avec les acquis des Nations unies».
AFP



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