La police empêche le Patriarche latin de Jérusalem de célébrer la messe du dimanche des Rameaux
Des membres du clergé catholique défilent lors de la messe du dimanche des Rameaux, commémorant l'entrée de Jésus-Christ à Jérusalem, au Patriarcat latin dans la vieille ville de Jérusalem, le 29 mars 2026. ©Photo by JOHN WESSELS / AFP

La police israélienne a empêché le Patriarche latin de Jérusalem ainsi que le père de l'église du Saint-Sépulcre d'entrer dans le lieu saint pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, «pour la première fois depuis des siècles», a affirmé le Patriarcat latin.

«Tous deux ont été arrêtés en chemin alors qu'ils se déplaçaient à titre privé (...) et ont été contraints de rebrousser chemin», indique un communiqué conjoint du Patriarcat latin de Jérusalem et la Custodie de Terre Sainte.

«En conséquence, et pour la première fois depuis des siècles, les chefs de l'Église ont été empêchés de célébrer la messe du dimanche des Rameaux à l'église du Saint-Sépulcre», ajoute le communiqué.

Cet empêchement «constitue un grave précédent et témoigne d'un manque de considération envers la sensibilité de milliards de personnes à travers le monde qui, durant cette semaine, tournent leur regard vers Jérusalem».

Contactée par l'AFP, la police n'a pas répondu dans l'immédiat.

Au début de l'offensive menée avec les EÉtats-Unis contre l'Iran le 28 février, les autorités israéliennes ont interdit les grands rassemblements, y compris dans les synagogues, les églises et les mosquées, limitant les rassemblements publics à environ 50 personnes.

Le dimanche des Rameaux, qui ouvre la Semaine sainte, commémore la dernière montée du Christ à Jérusalem, où il avait été reçu triomphalement par une foule en liesse à quelques jours de sa crucifixion et de sa résurrection le matin de Pâques, selon les Évangiles.

Le Patriarcat latin avait également annoncé l'annulation de la procession traditionnelle du dimanche des Rameaux, qui part habituellement du mont des Oliviers pour rejoindre Jérusalem et attire chaque année des milliers de fidèles.

«Les chefs des Églises ont agi en toute responsabilité et, depuis le début de la guerre, se sont conformés à toutes les restrictions imposées», a déclaré le Patriarcat.

«Empêcher l'entrée du cardinal et du custode, qui assument la plus haute responsabilité ecclésiastique pour l'Église catholique et les Lieux saints, constitue une mesure manifestement déraisonnable et gravement disproportionnée», selon le communiqué.

Selon les estimations en 2023 du patriarcat latin de Jérusalem, les chrétiens représentaient plus de 18% de la population de la Terre sainte (région qui inclut la Jordanie en plus d'Israël et des Territoires palestiniens occupés) lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948, mais ils sont désormais moins de 2%, pour la plupart orthodoxes.

AFP

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