Donald Trump a menacé de revenir sur l'accord commercial conclu l'an passé avec le Royaume-Uni, qui visait à limiter l'impact des droits de douane américains, regrettant dans un entretien à Sky News mercredi le manque de soutien britannique depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
«Nous leur avons accordé un bon accord commercial, meilleur que ce que j'étais obligé de faire, et cela peut toujours être changé», a déclaré le président américain à la chaîne britannique.
Londres et Washington ont conclu l'an passé un accord commercial plafonnant à 10% les droits de douane américains sur la plupart des produits manufacturés britanniques.
Le Royaume-Uni avait en contrepartie accepté d'ouvrir davantage son marché à l'éthanol ou au bœuf américains, suscitant des inquiétudes dans le pays.
Il s'agissait alors d'un accord avantageux pour Londres, qui bénéficiait ainsi des droits de douane les plus bas accordés par les États-Unis à un pays tiers.
Cet avantage s'est cependant estompé depuis que la Cour suprême a invalidé une partie des surtaxes américaines, poussant Washington à instaurer dans la foulée un droit de douane temporaire de 10 % sur la quasi-totalité de ses importations -- en attendant un nouveau régime tarifaire d'ici juillet.
Si, au moment de l'accord, Donald Trump avait loué ses bonnes relations avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, les liens transatlantiques se sont depuis détériorés, en particulier avec la guerre au Moyen-Orient, l'Américain déplorant le manque de soutien de Londres.
«C'est une relation où, quand nous leur avons demandé de l'aide, ils n'étaient pas là quand nous avions besoin d'eux, ils n'étaient pas là quand nous n'avions pas besoin d'eux, ils n'étaient pas là. Et ils ne sont toujours pas là», a-t-il déclaré à Sky News.
Le gouvernement britannique, qui s'est longtemps efforcé de ménager Donald Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, a récemment durci sa rhétorique à l'égard de son allié historique.
La ministre des Finances Rachel Reeves a dénoncé mardi la «folie» américaine de s'engager dans une guerre «sans plan de sortie clair» au Moyen-Orient.
Keir Starmer a lui déclaré lundi au Parlement que Donald Trump avait eu tort de menacer de détruire la civilisation iranienne, tandis que dimanche, le ministre de la Santé Wes Streeting a critiqué son langage «incendiaire, provocateur et scandaleux».
Rachel Reeves doit dans ce contexte rencontrer mercredi le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, dans le cadre des réunions de printemps du FMI à Washington.
AFP



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