Trump reçoit le roi Charles dans la foulée de l'attaque au gala de la presse
Le roi britannique Charles III et la reine Camilla sont accueillis par la cheffe du protocole américaine Monica Crowley à leur arrivée sur la base conjointe Andrews, dans le Maryland, le 27 avril 2026. ©Henry Nicholls / Pool / AFP

Le roi Charles III et la reine Camilla ont entamé lundi à Washington une visite dans un contexte très particulier, juste après une attaque lors d'un gala auquel assistait Donald Trump, et en pleine crispation diplomatique autour du conflit en Iran.

L'avion aux couleurs de l'Union Jack a atterri sur une base militaire proche de Washington, où le couple a été accueilli par plusieurs officiels sur un tapis rouge.

La reine Camilla portait à son arrivée une broche réunissant les drapeaux américain et britannique, reproduits en pierres précieuses.

La visite d'État, du 27 au 30 avril, doit marquer le 250ᵉ anniversaire de l'indépendance américaine, et célébrer les liens entre les deux pays.

Elle «se déroulera comme prévu», a indiqué dimanche le palais de Buckingham, quelques heures après qu'un assaillant armé a tenté de forcer l'entrée d'un dîner en présence du président américain.

La confirmation du voyage a réjoui le dirigeant républicain, fasciné par la pompe monarchique, aussi prompt à louer le monarque que prodigue en critiques contre le Premier ministre britannique Keir Starmer.

«C'est un mec super», a dit Donald Trump à propos du roi dans un entretien avec Fox News dimanche, «il représente son pays comme personne d'autre ne peut le faire».

Charles III s'était dit «très soulagé» d'apprendre que Donald Trump était sorti «sain et sauf» après les coups de feu tirés pendant le dîner annuel des correspondants à la Maison-Blanche, à l'extérieur de la salle où se tenait le président.

L'ambassadeur britannique aux États-Unis, Christian Turner, a parlé dimanche d'un «immense enthousiasme» du président américain pour cette visite, par laquelle Donald Trump rend aussi la politesse après avoir été reçu avec faste au Royaume-Uni l'an dernier.

Thé et ruches

Le programme prévoit que le président et son épouse Melania Trump reçoivent leurs invités lundi pour un thé puis une visite des ruches de la Maison Blanche.

Mardi, la journée la plus protocolaire du voyage commencera par une cérémonie d'accueil militaire.

Donald Trump et Charles III auront un entretien dans le Bureau ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l'éducation et à l'intelligence artificielle.

Le même jour, le souverain britannique devrait profiter d'un discours devant le Congrès américain, le premier du genre depuis Elizabeth II en 1991, pour relativiser la tension diplomatique actuelle en invoquant la relation vieille de deux siècles et demi, faite de hauts et de bas, entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie devenue superpuissance.

Les deux couples se retrouveront en soirée pour un dîner de gala en comité assez restreint dans une salle de réception de la Maison Blanche.

Epstein

En déplacement à New York mercredi, le roi et la reine se rendront au Mémorial des attentats du 11-Septembre. Ils verront Melania et Donald Trump une dernière fois jeudi, avant leur retour au Royaume-Uni.

Charles III voudra tout faire pour éviter que la crispation entre Londres et Washington ne produise une note discordante dans cette pompe bien réglée, un exercice loin d'être évident.

Le monarque doit éviter d'alimenter les vives critiques au Royaume-Uni sur ce voyage impopulaire, et veiller à ne pas donner l'image d'une démarche humiliante destinée à adoucir l'imprévisible président américain.

Le monarque a toutefois aussi pour mission, implicite, d'amadouer Donald Trump, certes bien disposé personnellement à son égard, mais excédé par les réserves des autorités britanniques concernant la guerre en Iran, entre autres sujets de discorde.

En plus d'attaquer Keir Starmer, le président américain a bousculé la «relation spéciale» transatlantique en s'en prenant à l'armée et à la marine britanniques. Il a aussi minimisé le tribut payé par les Britanniques lorsqu'ils ont combattu aux côtés des Américains en Afghanistan.

Le déplacement a un autre sujet explosif en toile de fond: l'affaire Epstein et l'amitié passée du frère du roi, Andrew, avec le défunt pédocriminel.

Les commentateurs guetteront toute allusion, même la plus subtile, à cette affaire qui n'en finit plus de secouer la monarchie britannique.

AFP

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