Treize ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe État islamique (EI), s’apprêtent à rejoindre l’Australie depuis la Syrie, a annoncé le gouvernement mercredi, prévenant que plusieurs arrestations auraient lieu.
Ces quatre femmes et neuf enfants vivant dans le camp de Roj en Syrie doivent atterrir à Sydney et Melbourne jeudi, d’après les médias locaux.
«Le gouvernement n’apportera aucune aide à ces individus», a déclaré le ministre de l’Intérieur Tony Burke lors d’une conférence de presse, affirmant avoir été mis au courant de leur projet au moment où les réservations des billets d’avion ont été faites.
«Ils ont pris une décision scandaleuse et honteuse. Si un ou plusieurs de ces individus parviennent à revenir en Australie, et s’ils ont commis des crimes, ils devront s’attendre à subir toute la rigueur de la loi, sans exception.»
La police a indiqué avoir recueilli des éléments de preuve en Syrie dans le cadre d’une enquête visant à déterminer si des Australiens avaient commis des infractions au regard de la loi du pays océanien, notamment en se rendant dans une zone interdite et en se livrant à la traite d’esclaves.
«Certains individus vont être arrêtés et inculpés», a annoncé Krissy Barrett, responsable de la police fédérale australienne, lors d’une conférence de presse.
Elle n’a pas indiqué à quel moment ces personnes seraient arrêtées, mais a précisé que certaines faisaient encore l’objet d’une enquête.
Les enfants du groupe «seront invités à suivre des programmes d’intégration dans la communauté, à bénéficier d’un accompagnement thérapeutique et à participer à des programmes de lutte contre l’extrémisme violent», a-t-elle ajouté.
Un choix terrible
Une autre femme issue du camp syrien a fait l’objet d’une mesure d’exclusion du gouvernement australien et ne peut pas se rendre sur le territoire.
«Il s’agit de personnes qui ont fait le choix terrible de rejoindre une organisation terroriste dangereuse et de plonger leurs enfants dans une situation inimaginable», a déclaré le Premier ministre Anthony Albanese aux journalistes.
Le président de la Commission australienne des droits humains, Hugh de Kretser, a exhorté le mois dernier le gouvernement à faciliter le retour de 34 femmes et enfants australiens détenus depuis sept ans dans le camp de Roj, rappelant que des ressortissants australiens avaient déjà pu quitter ce camp en 2019, en 2022 et l’an dernier.
L’Australie a érigé en infraction le fait de se rendre dans la province de Raqqa, bastion du groupe État islamique en Syrie, entre 2014 et 2017.
Une femme revenue de Syrie en 2022 a été inculpée par la police australienne pour s’être rendue dans une zone contrôlée par des terroristes.
Environ 2.000 femmes et enfants de nationalité étrangère vivent toujours dans le camp de Roj, déplacés après l’effondrement de l’État islamique en mars 2019, ont déclaré le mois dernier des responsables syriens.
AFP



Commentaires