En Indiana, Trump démontre encore son ascendant sur le Parti républicain
Le Donald Trump lève le poing en quittant Doral en direction de sa résidence de Palm Beach, le 2 mai 2026, à Floride. ©Roberto Schmidt / Getty Images VIA AFP

Les mauvais sondages s'accumulent, l'économie des ménages ne s'améliore pas, et la guerre contre l'Iran s'avère impopulaire, mais une chose ne change pas pour Donald Trump: le président américain règne toujours d'une main de fer sur le Parti républicain, comme démontré mardi en Indiana.

Dans cet État conservateur du Midwest, Donald Trump avait lancé l'an dernier une vendetta contre plusieurs élu républicains du Parlement local après qu'ils eurent refusé de se soumettre à ses exigences de redécoupage électoral.

Le locataire de la Maison Blanche mène depuis près d'un an une campagne auprès des États dirigés par les républicains pour qu'ils redessinent leurs circonscriptions de manière à éliminer des sièges démocrates à la Chambre des représentants.

La manoeuvre, nommée «gerrymandering», est une vieille recette de cuisine électorale qui consiste à diluer le vote d'un parti sur plusieurs circonscriptions, avec pour résultat des contours géographiques ubuesques.

Ces redécoupages s'effectuent normalement au début de chaque décennie, après le recensement national, mais Donald Trump souhaitait les entreprendre dès maintenant, plusieurs années en avance.

Le but étant de préserver la faible majorité républicaine au Congrès après les élections de mi-mandat en novembre, mal embarquées pour son camp.

Avertissement

Le Texas avait répondu à cet appel et avait redécoupé sa carte électorale de façon à envoyer cinq députés républicains supplémentaires à Washington. Plusieurs États démocrates ont depuis riposté en effectuant leurs propres redécoupages pour annuler les gains républicains.

En Indiana, la chambre basse du Parlement local avait elle aussi adopté une nouvelle carte qui aurait éliminé les deux actuels sièges de députés démocrates.

Mais ce redécoupage avait été rejeté en décembre par les sénateurs de l'État, pourtant en majorité républicains, qui disaient refuser les pressions de la Maison Blanche. Le vice-président JD Vance avait notamment fait campagne auprès des élus, en vain.

Donald Trump leur avait alors lancé un avertissement: «Quiconque vote contre le redécoupage et le SUCCES du Parti républicain à Washington, se verra opposer au printemps -j'en suis sûr- une primaire MAGA», du nom de son mouvement «Make America Great Again».

Près de six mois plus tard, la sentence est tombée par le biais de ses partisans.

Sur huit sénateurs opposés au redécoupage et se présentant à leur réélection, au moins cinq ont été battus de manière décisive mardi aux primaires, tandis que deux autres sont en ballotage défavorable, selon les premiers résultats.

Leur défaite intervient après une campagne lors de laquelle les instances nationales du Parti républicain ont dépensé plusieurs millions de dollars pour soutenir leurs opposants, des sommes bien plus importantes qu'habituellement pour de telles élections locales.

«Massue»

«Quand les gens se demandent pourquoi tant d'élus républicains continuent de suivre le président, même si cela signifie aller à l'encontre de leurs positions et principes tenus de longue date, les résultats dans l'Indiana ont apporté la réponse: leur survie», a estimé David Axelrod, ancien conseiller du président démocrate Barack Obama.

«Trump est prodigieusement impopulaire avec deux tiers du pays, et est un boulet pour tout républicain dans un État ou une circonscription clé. Mais il maintient l'allégeance sans faille de sa base, et la menace de l'utiliser comme massue contre tout apostat lors des primaires», a-t-il ajouté sur X.

«C'est pour quoi aller au bout de sa menace de châtiment contre les sénateurs de l'Indiana pour avoir eu la témérité (et le courage) de s'opposer au redécoupage de mi-décennie qu'il demandait était si essentiel pour la Maison Blanche», a assuré David Axelrod.

Pour Jim Banks, sénateur républicain de l'Indiana au Congrès et partisan du redécoupage, les électeurs de droite ont envoyé un message lors de ces primaires.

«Mais le message n'est pas nouveau. Le message que nous avons appris au cours des 10 dernières années est celui-ci: le Parti républicain appartient à Donald Trump», a déclaré l'élu à Politico.

AFP

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