Pétrole : Aramco prévoit des perturbations jusqu’en 2027
De l’eau est projetée par les pompiers vers la fumée et les flammes s’élevant d’une installation pétrolière de Saudi Aramco dans la ville côtière de Djeddah, sur la mer Rouge en Arabie saoudite, le 25 mars 2022, après une attaque revendiquée par des rebelles yéménites. ©AFP

Le patron du géant pétrolier saoudien Aramco a averti mardi que la guerre au Moyen-Orient avait déclenché le «plus grand choc énergétique» jamais connu dans le monde, estimant que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu'en 2027.

«Même si le détroit d'Ormuz rouvrait aujourd'hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre, et si sa réouverture était retardée de quelques semaines supplémentaires, le retour à la normale s'étendrait jusqu'en 2027», a affirmé le PDG du fleuron de l'économie saoudienne, Amin Nasser, lors d'un appel avec des investisseurs.

Le responsable a également prévu une forte hausse de la demande après l'ouverture du détroit, les Etats et les compagnies énergétiques cherchant notamment à reconstituer des stocks stratégiques largement entamés par des mois de perturbations.

La veille, le groupe avait annoncé une hausse de 25,5% de son bénéfice net au premier trimestre, porté par l'envolée des prix du brut sur fond de guerre au Moyen-Orient.

Le baril de Brent, référence mondiale, valait en moyenne près de 100 dollars en mars, contre 70 avant les hostilités, avec des pointes à 120 dollars.

La guerre contre l'Iran lancée fin février par les Etats-Unis et Israël a entraîné, en représailles, le blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement près d'un cinquième de la consommation mondiale d'hydrocarbures, provoquant une chute brutale de l'approvisionnement et une flambée des prix.

Le conflit a fait subir au marché «une perte d'approvisionnement sans précédent d'environ un milliard de barils de pétrole», a affirmé le dirigeant d'Aramco, précisant que la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz a pu être compensée par des voies alternatives.

Aramco a en effet pu continuer à exporter une partie de sa production grâce à son immense oléoduc est-ouest, qui relie ses installations énergétiques situées sur le Golfe aux terminaux d'exportation sur la mer Rouge.

Dimanche la société avait indiqué que cet oléoduc avait atteint sa capacité maximale de 7 millions de barils par jour.

En représailles aux frappes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, Téhéran a visé des intérêts américains mais aussi des infrastructures civiles dans le Golfe.

En Arabie saoudite, première économie de la région, des installations pétrolières, ainsi que l'oléoduc est-ouest ont notamment été touchés.

AFP

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