Craignant une attaque, l'Ukraine renforce ses régions frontalières du Bélarus
Un militaire ukrainien pilote un drone lors de la compétition de course « Wild Drones » — conçue pour simuler des conditions de champ de bataille — à Truskavets, dans la région de Lviv, le 20 mai 2026, en pleine invasion de l'Ukraine par la Russie. ©YURIY DYACHYSHYN/AFP

L'Ukraine a annoncé jeudi renforcer ses défenses dans le nord du pays, à la frontière avec le Bélarus, évoquant la menace d'une nouvelle attaque depuis le territoire de cet État allié de la Russie.

Ces mesures, «sans précédent par le nombre de forces et de ressources déployées» selon les services de sécurité (SBU), visent à «constituer un moyen de dissuasion efficace contre toute action ou opération agressive de l'ennemi (russe) et de son allié».

Ces mesures impliquent la police, les forces armées, la garde nationale et les garde-frontières. Cinq régions, notamment celles de Tcherniguiv, Kiev et Rivné, sont concernées.

Ces opérations prévoient notamment des contrôles renforcés pour «empêcher l'ennemi de s'infiltrer dans les zones frontalières, de mener des activités de sabotage et terroristes, de conduire des opérations subversives et de renseignement», a ajouté le SBU.

Lundi, le Kremlin avait balayé les allégations ukrainiennes selon lesquelles Moscou s'apprêtait à impliquer Minsk dans le conflit.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a lui déclaré jeudi que son pays ne représentait «aucune menace pour qui que ce soit», mais qu'il était prêt à défendre la Russie «par tous les moyens possibles».

Depuis plusieurs semaines, l'Ukraine dit craindre que la Russie n'utilise le Bélarus pour lancer une nouvelle offensive depuis le nord, y compris en direction de la capitale. Elle avait déjà émis des craintes similaires en 2023 et 2024 sans que celles-ci ne se matérialisent.

En revanche, au début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022, le Bélarus avait permis aux forces russes d'utiliser son territoire pour lancer une offensive dans le nord du pays en direction de Kiev.

La Russie et le Bélarus mènent depuis mardi des exercices militaires impliquant les forces nucléaires russes, qui doivent prendre fin jeudi.

Le ministère russe de la Défense a rapporté avoir notamment mené avec succès des tirs d'essai des missiles Kinjal, Yars, Sineva et Iskander-M, à capacité nucléaire, ainsi que du missile hypersonique Zircon.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré mercredi que Kiev «prépare des réponses à tous les scénarios possibles», y compris à une attaque depuis le Bélarus.

L'expert militaire ukrainien Serguiï Zgourets a estimé auprès de l'AFP qu'un tel scénario était improbable et indiqué n'observer «aucun signe de concentration de forces et de matériel du côté bélarusse de la frontière».

Selon lui, les annonces ukrainiennes sont à prendre comme «des mesures d'information préventives» à destination de Moscou.

AFP

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