Le Mexique et les États-Unis ont officiellement entamé mercredi à Mexico les négociations pour réviser l'Accord de libre-échange nord-américain (ACEUM), qui se déroulent sous la pression de menaces de droits de douane du gouvernement de Donald Trump. Le ministère mexicain de l'Économie a expliqué dans un communiqué qu'il s'agissait d'«un premier cycle officiel de négociations en préparation de la révision en commun de l'accord», auquel participe également le Canada.
L'ACEUM, entré en vigueur en 2020, doit être réexaminé tous les six ans. Cet accord de libre-échange est vital pour le Mexique, les États-Unis étant son principal partenaire commercial et la destination de plus de 80% de ses exportations.
Le premier cycle de négociations se poursuivra jusqu'à vendredi. Une deuxième série de rencontres aura lieu les 16 et 17 juin à Washington et la dernière se déroulera le 20 juillet à Mexico.
Le délégation mexicaine est conduite par le ministre de l'Economie Marcelo Ebrard et l'américaine le sera par le représentant adjoint au Commerce, Jeff Goettman. Selon le ministère mexicain de l'Economie, les parties chercheront à «identifier des résultats concrets au bénéfice de la région».
«Le Mexique et les États-Unis ont réaffirmé leur engagement à continuer de renforcer leur coopération bilatérale en faveur d'une Amérique du Nord plus intégrée, plus dynamique et plus robuste», ajoute-t-il. Interrogé au cours d'une conférence de presse, M. Ebrard a affirmé que le Mexique insisterait pour que les droits de douane soient supprimés dans les secteurs de l'automobile et de l'acier, vitaux pour les exportations mexicaines.
«Dans une approche systémique, il ne devrait pas y avoir de droits de douane entre nous», a affirmé le ministre. Interrogée pendant sa conférence de presse matinale, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a fait part de son optimisme quant à la conclusion d'un accord.
«Ce sera un dialogue très constructif», a-t-elle déclaré. Le président Trump a déclaré à plusieurs reprises que l'accord apportait peu de bénéfices aux États-Unis, brandissant la menace de se retirer de l'ACEUM.
Il accuse le Mexique de servir de porte d'entrée à des produits et des composants en provenance de Chine. Ces négociations se déroulent par ailleurs dans un contexte de tensions entre ces deux pays en matière de sécurité.
Les États-Unis ont déposé fin avril une demande d'arrestation et d'extradition de dix responsables du parti Morena au pouvoir, accusés de trafic de drogue, dont Rubén Rocha Moya, le gouverneur de l'État de Sinaloa. La demande d'extradition visant ce dernier est examinée par le parquet général du Mexique.
Claudia Sheinbaum réclame des preuves concluantes avant une quelconque arrestation. Dans une autre affaire, Mexico a protesté auprès de Washington après la participation d'agents de la CIA à une opération antidrogue dans l'État mexicain de Chihuahua à la mi-avril, révélée par un accident de la route dans lequel ils sont morts.
AFP



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