Cuba doute du «sérieux» de Washington malgré la poursuite du dialogue
Cette composition d’images, réalisée le 11 janvier 2026, montre le président cubain et premier secrétaire Miguel Díaz-Canel (à gauche) avant une photo de famille lors du sommet des BRICS à Rio de Janeiro, au Brésil, le 7 juillet 2025 ; et le président américain Donald Trump montant à bord d’Air Force One avant son départ pour la Corée du Sud, à l’aéroport de Haneda à Tokyo, le 29 octobre 2025. ©Mauro Pimentel / AFP

Le gouvernement cubain a mis en doute jeudi le «sérieux» et le «sens des responsabilités» de Washington dans le processus de discussions en cours entre Cuba et les États-Unis, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre le dialogue.

Les relations entre les deux pays se sont considérablement tendues depuis janvier, après l’imposition par les États-Unis d’un blocus pétrolier de facto contre l’île, l’édiction de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, et l’inculpation de l’ex-président Raul Castro dans une affaire remontant à 1996.

Les deux gouvernements disent toutefois poursuivre leurs contacts diplomatiques.

«Nous espérons que la voie du dialogue prévaudra en ce moment, alors que les actions agressives que le gouvernement des États-Unis entreprend contre Cuba font douter du sérieux et du sens des responsabilités avec lesquels il aborde ce processus», a déclaré la vice-ministre cubaine des Affaires étrangères, Josefina Vidal, lors d’une audition parlementaire.

La diplomate, qui avait participé aux conversations secrètes ayant conduit au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 2015, a souligné que La Havane a misé sur le dialogue pour résoudre les différends entre les deux pays, mais «pas pour que les États-Unis tentent de dominer le destin de Cuba par la pression, la coercition et la menace d’une agression militaire».

La Havane affirme que l’inculpation de Raul Castro, 94 ans, est une «manœuvre politique» destinée à justifier une agression militaire contre l’île communiste.

Mardi, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a exhorté la communauté internationale à «se mobiliser pour empêcher une catastrophe humanitaire» sur l’île.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lui-même d’origine cubaine et farouche opposant au gouvernement communiste, a dit récemment que les États-Unis espéraient éviter le recours à la force et privilégier «une solution diplomatique».

Mais Donald Trump a «toujours la possibilité de faire tout ce qui est nécessaire» pour protéger «les intérêts nationaux et la sécurité nationale des Etats-Unis», a-t-il aussi déclaré.

Mi-mai, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu à La Havane pour rencontrer de hauts responsables cubains.

Une autre réunion, à un haut niveau diplomatique, a eu lieu le 10 avril dans la capitale cubaine. Aucun avion gouvernemental américain n’avait alors atterri à Cuba depuis 2016.

AFP

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