IA, cybersécurité, mineurs: le G7 cherche un terrain d’entente à Paris
Le ministre allemand des Finances et vice-chancelier Lars Klingbeil (3e à droite) et, de gauche à droite, le ministre polonais des Finances Andrzej Domański, le ministre italien de l’Économie et des Finances Giancarlo Giorgetti, le ministre français de l’Économie, des Finances et de l’Industrie Roland Lescure, le ministre espagnol des Finances Carlos Cuerpo et le ministre néerlandais des Finances Eelco Heinen posent pour une photo de groupe avant une réunion des ministres des Finances de la France, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Pologne et de l’Espagne au centre de loisirs de la banque centrale allemande (Deutsche Bundesbank) à Berlin, le 28 mai 2026. ©TOBIAS SCHWARZ / AFP

Sécurité de l’intelligence artificielle (IA), protection des mineurs: les ministres du Numérique du G7, réunis vendredi à Paris, tentent d’aboutir à des positions communes sur les grands enjeux du secteur, même si un consensus sur la question de son impact environnemental paraît très incertain.

Après des mois de négociations, la réunion a démarré en début de matinée au ministère de l’Économie. Préparatoire au sommet des chefs d’État des sept principales économies avancées, à Évian du 15 au 17 juin, elle doit donner lieu à une conférence de presse en fin de journée.

«Comme toujours dans le G7, il y a des choses sur lesquelles on se retrouve, des choses sur lesquelles on se retrouve moins», a prévenu vendredi matin le ministre français de l’Économie, Roland Lescure.

Jeudi, sa collègue chargée du Numérique, Anne Le Hénanff, a dit espérer aboutir à une déclaration commune et assuré que des annonces sur l’IA et la cybersécurité étaient prévues. Paris compte aussi sur la publication d’une position commune des pays membres sur la protection des mineurs en ligne, l’un des thèmes de prédilection du président français.

«Je ne peux pas anticiper leur conclusion mais je pense que les discussions préliminaires ont été très bonnes», a relevé à son arrivée vendredi Karsten Wildberger, ministre allemand du Numérique.

Transformations technologiques

«Il est impossible de prédire exactement sur ce sur quoi ils se mettront d’accord», avait déclaré jeudi à l’AFP Jason Oxman, directeur général de l’organisation sectorielle américaine ITI, qui compte notamment parmi ses membres les géants Apple, Amazon, Google ou encore Nvidia.

En marge d’une rencontre entre plusieurs organisations professionnelles du secteur issues des pays membres du G7, le dirigeant a dit espérer que «l’orientation conjointe des responsables gouvernementaux du G7 sera de s’accorder sur une approche qui ne prendra des mesures réglementaires que lorsqu’elles sont vitales et nécessaires».

En plus de la déclaration principale, les discussions devraient aussi donner lieu à la publication de quatre annexes, correspondant aux quatre grands thèmes sur lesquels se sont accordés les pays membres.

Seront notamment abordées la sécurité et la gouvernance de l’IA, ainsi que l’innovation et la diffusion de l’IA dans l’économie, afin d’accélérer l’usage de cette technologie dans les petites et moyennes entreprises.

L’impact environnemental, sujet «compliqué»

La question du numérique durable s’annonce, quant à elle, plus délicate.

Si la «résilience et la durabilité du numérique» figurent bien à l’ordre du jour, la représentation française laisse peu d’espoir de voir cette thématique aboutir à un résultat commun.

Les discussions sur ce sujet se traduiront «par de l’intention, davantage que par des engagements fermes et définitifs», a ainsi prévenu vendredi matin Anne Le Hénanff, alors que les progrès de l’IA nourrissent une demande croissante en énergie pour alimenter les centres de données, ce qui accroît la consommation de ressources rares nécessaires à de nombreux composants.

De son côté, Bercy indique que l’appellation même de la thématique («impact environnemental du numérique») avait fait office de «ligne rouge» pour les États-Unis.

La France entrevoit déjà le risque que le document final consacré au numérique durable ne soit pas signé par l’ensemble des membres du G7. Le pays hôte envisage dans ce cas une publication endossée par la seule présidence.

Par Mona GUICHARD / AFP

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