Plusieurs mouvements palestiniens doivent discuter samedi en Égypte de l'avenir de Gaza, a appris vendredi l'AFP de sources concordantes, au moment où resurgit l'hypothèse d'un rôle accru de Mohammed Dahlane, rival du président palestinien Mahmoud Abbas, dans la gestion du territoire dévasté par la guerre.
Des représentants du Hamas, du Jihad islamique et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), entre autres, doivent se réunir pendant deux jours au Caire à l'invitation de l'Égypte, pour parler notamment du cessez-le-feu fragile entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, a indiqué une source politique palestinienne à l'AFP.
Le Fatah, parti du président Abbas, ne devrait lui pas être représenté, au contraire du Courant de la réforme démocratique de M. Dahlane, selon cette source.
Dimanche, une réunion se tiendra également avec des représentants des pays médiateurs de la trêve, ainsi qu'avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour Gaza au «Conseil de paix» créé par le président américain Donald Trump, selon une autre source politique palestinienne, s'exprimant également sous le couvert de l'anonymat en raison de la sensibilité du sujet.
D'après cette source, Mohammed Dahlane tente de convaincre le Hamas de lui transférer des responsabilités dans la bande de Gaza afin de faciliter la mise en œuvre de la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu et l'entrée d'un comité technocratique, déjà nommé, chargé de l'administration temporaire du territoire.
Ces informations ont été confirmées à l'AFP de source diplomatique.
M. Dahlane, ancien chef de la sécurité préventive à Gaza et lui-même originaire du territoire, aurait présenté un plan, selon cette source, évoquant notamment les enjeux sécuritaires.
Urgence
Les rencontres en Égypte devaient initialement se tenir mercredi dans la station balnéaire d'El-Alamein (nord), mais avaient été reportées.
«Le Caire estime qu'il y a urgence à mettre un terme à la détérioration de la vie quotidienne des Palestiniens à Gaza», de peur qu'Israël «cherche à saboter» le plan américain, relève Mkhaïmar Abousada, politologue palestinien.
L'Égypte et d'autres pays médiateurs ont ainsi voulu réunir des mouvements politiques pour «trouver une nouvelle formule pour que le Hamas accepte le désarmement et éviter de nouvelles destructions israéliennes», ajoute-t-il.
Les discussions interviennent alors que la question de la gouvernance après la guerre reste l'un des principaux points d'achoppement des négociations.
Israël refuse tout retour du Hamas à la tête du territoire mais rejette également, à ce stade, une reprise en main directe par l'Autorité palestinienne. Et le Hamas exige la mise en place d'une administration palestinienne avant d'envisager de rendre une partie de son arsenal.
M. Dahlane et le chef négociateur du Hamas Khalil al-Hayya entretiennent des contacts depuis plusieurs années et explorent des pistes de coopération sur l'avenir de Gaza, a expliqué une source diplomatique à l'AFP.
Exclu du Fatah depuis 2011 et installé aux Émirats arabes unis, Mohammed Dahlane conserve des réseaux influents dans plusieurs capitales arabes et occidentales.
Mais il se heurte à la méfiance de nombreux Palestiniens, qui craignent une tentative d'imposer une direction alternative à Gaza avec le soutien de puissances étrangères.
AFP

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