Les primes d’assurance santé devraient augmenter de 10% à 15% en 2026-2027, selon un professionnel du secteur ayant requis l’anonymat. Dans le scénario le plus favorable, le nombre de souscripteurs se maintiendrait à son niveau actuel. Toutefois, la pression financière sur les ménages conduit déjà de nombreux assurés à résilier leur contrat ou à se tourner vers les mutuelles.
Une véritable dérive tarifaire
Dans un contexte de forte tension sur le système de santé, assureurs et assurés se retrouvent pris dans une spirale inflationniste alimentée par la hausse continue des dépenses de santé, confie un autre professionnel du secteur.
Les compagnies d’assurance affirment, de leur côté, que leurs comptes demeurent transparents et étroitement surveillés par la Commission de contrôle des assurances (CCA). Elles estiment, sans détour, que la pression inflationniste provient principalement des fournisseurs de soins – hôpitaux, médecins, ainsi que des médicaments et équipements médicaux – opérant dans un marché largement libéralisé.
Dans ce cadre, les assureurs dénoncent une véritable dérive tarifaire dans certains établissements hospitaliers, estimant que plusieurs factures dépassent largement le montant réel des prestations fournies. Une hausse des frais d’hospitalisation se répercute mécaniquement sur les primes d’assurance, souligne la même source.
Une réunion de travail récente a réuni le ministre de l’Économie, le ministre de la Santé publique ainsi que le président de la CCA afin d’examiner des mesures susceptibles de contenir le dérapage des prix, dont les assurés continuent, in fine, d’assumer la charge.
Une responsabilité partagée dans la hausse des primes
Au-delà des accusations réciproques, la hausse des primes d’assurance santé résulte en réalité d’une combinaison de facteurs plutôt que d’un seul acteur. Les assureurs mettent notamment en avant l'alourdissement des dépenses de santé et l'envolée des frais d'hospitalisation. Les hôpitaux, pour leur part, invoquent l’augmentation de leurs charges d’exploitation, notamment les charges énergétiques, les salaires du personnel médical qualifié et le prix des équipements importés.
Les réassureurs internationaux jouent également un rôle déterminant. Depuis la crise économique de 2019, ils ont renforcé leurs exigences en matière de tarification et de gestion des risques, poussant les assureurs locaux à ajuster leurs primes afin de préserver leur solvabilité.
Selon la Commission de contrôle des assurances (CCA), les compagnies disposent d’une marge de liberté dans la conception et la tarification de leurs produits, sous réserve du respect des règles prudentielles et de gouvernance du secteur. Une approche qui concilie la stabilité financière des assureurs et la protection des assurés.
Recours et plaintes auprès de la CCA
Dans ce cadre réglementaire, tout citoyen peut saisir la Commission de contrôle des assurances pour toute demande d’information, ou en cas de litige ou de manquement d’une compagnie d’assurance, quel que soit le type de couverture concerné. Cette démarche peut notamment porter sur le remboursement des frais d’hospitalisation ou sur un refus de prise en charge.
Des malentendus surviennent parfois au sujet des plafonds de couverture. Par ailleurs, certaines pratiques observées dans des établissements hospitaliers peuvent exploiter l’existence d’un contrat d’assurance pour exercer diverses formes de pression.
Les litiges portés à la connaissance de la Commission peuvent également porter sur certaines facturations hospitalières contestées par les assureurs ou sur des divergences d'interprétation concernant les conditions de prise en charge.
Quelles pistes pour freiner l’inflation des primes?
Face à cette dynamique, plusieurs pistes sont avancées par les professionnels du secteur pour contenir l’inflation des primes: renforcement des conventions tarifaires entre assureurs et hôpitaux, développement de réseaux de soins conventionnés, généralisation des outils numériques de contrôle des dépenses médicales, lutte contre la surconsommation médicale et les abus, promotion de la médecine préventive, ainsi qu’une amélioration de la transparence des coûts et des mécanismes de remboursement.
La maîtrise durable des coûts de santé suppose ainsi une coopération étroite entre assureurs, prestataires de soins, réassureurs et autorités de régulation, dans un système où chaque maillon de la chaîne est appelé à contribuer à l’équilibre global.

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