Rutte: les États-Unis «ne se retirent pas de l'Otan» en annonçant des ajustements
Le secrétaire général de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord, Mark Rutte, prononce un discours lors d’une conférence de presse à la veille de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, au siège de l’Alliance à Bruxelles, le 17 juin 2026. ©NICOLAS TUCAT / AFP

Les États-Unis «ne se retirent pas de l'Otan» en annonçant des ajustements de leur présence en Europe, a affirmé mercredi le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte.

Les récents ajustements militaires annoncés par les États-Unis, y compris leur contribution au «modèle de forces», celles sur lesquelles l'Otan peut compter en cas de nécessité, ont été présentés «comme un problème», a d'abord expliqué Mark Rutte à Bruxelles devant la presse.

«Ce n'est pas la réalité. Les États-Unis ont clairement indiqué qu'ils restaient attachés à l'Otan», a-t-il ajouté.

Washington a indiqué début juin sa volonté de réduire sa contribution à ce «modèle de forces», ce que certains à l'Otan appellent «la cavalerie», qui permet à l'Alliance de savoir sur quels moyens militaires elle peut compter de la part de ses 32 pays membres en cas de nécessité.

L'exigence par les États-Unis d'un meilleur partage du fardeau entre Européens et Américains dans la défense du continent n'est pas nouvelle. Mais elle a pris un tour plus dramatique depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche l'an dernier.

Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth avait dès février 2025 clairement indiqué aux Alliés européens qu'il était temps désormais qu'ils prennent en charge la sécurité de leur continent, au moins en ce qui concerne les forces conventionnelles.

La réduction de la contribution américaine au «modèle de forces» a néanmoins suscité un regain d'inquiétudes, sur fond de menace russe.

Plusieurs diplomates tempèrent toutefois ces craintes, affirmant que les pays européens sont en mesure de remplacer les États-Unis à plus ou moins long terme.

«Dans l'ensemble, il s'agit de capacités qui sont déjà disponibles chez d'autres alliés, ou qui le seront dans un avenir proche», a expliqué mercredi M. Rutte.

Mais, a-t-il ajouté, «il reste aussi des domaines qui exigent davantage de travail».

Selon des médias américains et allemands, ces réductions incluent un tiers des 150 chasseurs F-16 et F-15 américains destinés à l'Otan, ainsi que des avions de ravitaillement et de reconnaissance, des bombardiers et des drones.

Un sous-marin capable de lancer des missiles de croisière est également retiré du dispositif, de même que l'un des deux groupes aéronavals, selon ces informations que l'Otan n'a pas confirmées.

Les Alliés de l'Otan se retrouvent en sommet le 8 juillet à Ankara, au moment où la communauté internationale salue l'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran.

La réouverture du détroit d'Ormuz, bloquée jusqu'à cet accord par l'Iran, est «un énorme pas en avant», s'est félicité Mark Rutte.

Donald Trump n'avait pas eu de mots assez durs contre ses alliés de l'Otan, coupables selon lui d'avoir refusé leur aide dans la guerre qu'il avait déclenchée il y a près de quatre mois avec Israël contre l'Iran.

La France et la Grande-Bretagne ont mis sur pied une coalition internationale prête à assurer la sécurité dans ce détroit où transite un cinquième du pétrole mondial.

AFP

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