Séoul veut acquérir 20.000 drones militaires face aux menaces nord-coréennes
Cette photo, prise le 21 mai 2026, montre un soldat sud-coréen tenant un drone tactique polyvalent équipé d'une bombe factice lors d'un exercice militaire avec tir réel sur le champ de tir de Seungjin, à Pocheon, à 30 kilomètres au sud de la frontière avec la Corée du Nord. ©Jung Yeon-je / AFP

La Corée du Sud a dévoilé vendredi un plan visant à acquérir 20.000 drones militaires pour parer aux menaces nord-coréennes, en s'appuyant sur les enseignements tirés des guerres en Ukraine et au Proche-Orient.

Un petit nombre de systèmes d'armes coûteux dominaient jusqu'ici les champs de bataille, mais le déploiement massif de drones bon marché transforme la nature même de la guerre.

«Les conflits récents en Ukraine et au Proche-Orient démontrent clairement que les drones sont devenus des armes décisives sur le champ de bataille», a déclaré le ministre de la Défense, Ahn Gyu-back, devant des journalistes à Séoul.

La Corée du Sud reste techniquement en guerre avec le Nord, leur conflit de 1950-1953 s'étant achevé par un armistice et non par un traité de paix.

«La Corée du Nord continue par ailleurs de développer un large éventail de capacités aériennes sans pilote, faisant peser des menaces croissantes non seulement sur les installations militaires sud-coréennes, mais aussi sur des infrastructures nationales critiques et des cibles civiles», a affirmé M. Ahn.

Il a indiqué que le gouvernement s'emploierait à déployer rapidement son système coréen d'attaque au combat sans pilote à longue portée (K-LUCAS) — une munition développée localement, jugée semblable au LUCAS américain, lui-même conçu par rétro-ingénierie à partir des drones d'attaque iraniens Shahed.

L'armée prévoit également d'acquérir plus de 20.000 drones jetables à bas coût, a précisé M. Ahn, sans indiquer leur provenance.

Il s'agirait notamment de drones de reconnaissance à courte portée et de petits drones d'attaque, appelés munitions rôdeuses.

L'armée travaillera en outre au développement d'essaims de drones pilotés par intelligence artificielle.

La Corée du Sud déploiera des systèmes anti-drones le long de ses zones frontalières à partir de l'an prochain.

À plus long terme, elle prévoit d'ajouter à son arsenal des armes à énergie dirigée, comme des lasers et des systèmes à micro-ondes de forte puissance, ainsi que des drones intercepteurs à bas coût, a indiqué M. Ahn.

Le ministère a également réaffirmé son objectif de former 500.000 «guerriers du drone», appelés à manier le drone comme une «seconde arme individuelle».

Il se procurera environ 60.000 drones commerciaux de fabrication nationale pour les former.

Le Commandement des opérations de drones de la Corée du Sud, créé en 2023, sera réorganisé en un nouveau Quartier général de la défense par drones, a précisé le ministère.

Il avait été mis en cause après une opération de drones au-dessus de Pyongyang en octobre 2024, sous le président d'alors Yoon Suk Yeol.

Ce dernier a depuis été condamné à 30 ans de prison pour cette opération destinée à «fabriquer» une crise, avant une tentative d'instaurer la loi martiale.

AFP

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