Les forces de sécurité irakiennes se sont déployées tôt dimanche matin à Bagdad, y compris dans la zone verte, enclave sécurisée du centre de la capitale, et ont procédé à des arrestations, notamment de parlementaires suspectés de corruption, a rapporté dimanche l'agence de presse officielle INA.
La zone verte abrite plusieurs missions diplomatiques, dont l'ambassade américaine, ainsi que des institutions internationales et des bureaux gouvernementaux. De nombreux hauts responsables et des personnalités politiques y résident également.
Des correspondants de l'AFP ont constaté le déploiement d'un important dispositif de sécurité aux entrées du secteur.
Un responsable militaire a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, qu'un «raid visait plusieurs personnalités politiques dans le cadre d'une affaire de corruption financière, sur ordre judiciaire», ajoutant que l'opération mobilisait les forces antiterroristes et l'armée.
INA, citant un haut responsable, a affirmé que «plusieurs personnes suspectées de corruption ont été arrêtées sur la base d'aveux» livrés par Adnan al-Joumaïli, ministre adjoint du Pétrole chargé du raffinage, arrêté le mois dernier.
Toujours selon cette source, les arrestations «visaient des députés dont l'immunité a été levée», ainsi que d'autres responsables.
Le nouveau Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi, s'est engagé à lutter contre la corruption et la mauvaise gestion qui minent l'Irak depuis des décennies.
Démonstration de cette nouvelle politique, la justice irakienne a annoncé mardi avoir saisi plus de 85 millions de dollars (environ 74 millions d'euros), dans une affaire de corruption impliquant Adnan al-Joumaïli.
Le Premier ministre a également promis de faire en sorte que l'État ait le monopole des armes, alors que les États-Unis font pression sur Bagdad pour désarmer les groupes soutenus par l'Iran, qualifiés de terroristes par Washington.
Ces factions sont intervenues en soutien à Téhéran après l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février contre l'Iran, et ont ciblé des installations américaines en Irak, menant notamment une embuscade contre des diplomates américains à Bagdad.
Elles ont également visé des cibles dans les pays du Golfe.
Arrivé au pouvoir en mai, Ali al-Zaïdi doit effectuer sa première visite officielle à l'étranger mi-juillet à la Maison Blanche et espère attirer davantage d'investissements américains en Irak.
Le pays a un besoin urgent de relancer son économie, notamment après avoir subi d'importantes pertes de revenus dues à l'arrêt des exportations de pétrole pendant la guerre au Moyen-Orient.
AFP



Commentaires