Ankara et Damas condamnent les nouvelles incursions israéliennes dans la province de Deraa
Un homme parle avec un enfant près d'un obus d'artillerie non explosé tombé lors de bombardements israéliens signalés durant la nuit sur le village d'Abdine, dans la province syrienne de Deraa (sud-ouest), près du plateau du Golan, le 29 juin 2026. ©Sam Hariri / AFP

Le ministère syrien des Affaires étrangères et le ministère turc des Affaires étrangères ont condamné lundi les incursions et tirs israéliens dans le sud de la Syrie, au lendemain de tensions près du plateau du Golan ayant poussé des habitants à fuir temporairement.

Ankara a «fermement condamné» les attaques israéliennes visant les provinces de Quneitra et Deraa, les qualifiant de violation de l’intégrité territoriale, de l’unité et de la souveraineté de la Syrie, ainsi que du droit international. Le ministère turc a estimé que ces frappes mettent en danger les civils et aggravent leurs conditions de vie, appelant la communauté internationale à «remplir ses obligations» et à mettre fin à ces attaques.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a également dénoncé les incursions et tirs israéliens, qualifiés d’«agressions israéliennes» et de «violation flagrante de la souveraineté de la Syrie et de l’intégrité de son territoire», selon un communiqué.

Sur le terrain, les tensions se sont concentrées autour du village d’Abdine, dans l’ouest de la province de Deraa, où des forces israéliennes ont mené dimanche une incursion. Des habitants ont tenté de bloquer l’avancée d’une patrouille, avant qu’Israël ne riposte par des tirs d’artillerie.

«Des obus se sont abattus aux abords des maisons», poussant les habitants à fuir dans la nuit vers des villages voisins, a indiqué à l’AFP Mahmoud Mouaffak, notable du village. Les forces israéliennes se sont ensuite retirées, permettant un retour au calme et aux habitants de revenir lundi matin, selon la même source. Un photographe de l’AFP a également vu un habitant inspecter un obus non explosé près de sa maison.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’une coalition islamiste en janvier 2025, Israël mène des incursions répétées et des bombardements dans le sud de la Syrie, affirmant vouloir empêcher la mise en place d’une zone démilitarisée. L’armée israélienne a d’ailleurs affirmé dimanche avoir tué «plusieurs terroristes armés» la veille dans cette zone qu’elle occupe depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024.

Israël désigne comme «zone de sécurité» le secteur qu’il contrôle dans la zone tampon placée sous surveillance de l’ONU, qui séparait auparavant les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan. Depuis la chute du pouvoir syrien, ses troupes y ont été déployées et les incursions se sont multipliées, notamment dans les provinces de Deraa et Quneitra.

Le centre syrien Sijil, qui suit les opérations israéliennes en Syrie, a recensé près de 300 opérations ou violations dans ces deux provinces en juin, dont 107 incursions et descentes.

Par ailleurs, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé jeudi qu’Israël maintiendrait ses troupes dans le secteur occupé en Syrie «pour une durée indéterminée», comme au Liban et à Gaza.

Israël s’est emparé de la majeure partie du plateau du Golan lors de la guerre de 1967, avant d’annexer les zones sous son contrôle, une décision non reconnue par une grande partie de la communauté internationale.

Malgré les tensions, les deux pays ont engagé depuis fin 2024 plusieurs séries de pourparlers directs visant un accord de sécurité et se sont accordés sur la mise en place d’un mécanisme de partage de renseignements.

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