Les États-Unis signent un accord pour construire une ambassade permanente à Jérusalem
Des fidèles musulmans accomplissent la prière du vendredi à midi sur l'esplanade de la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 27 février 2026, durant le mois sacré du ramadan. ©Ahmad Gharabli / AFP

Les États-Unis ont signé mercredi un accord pour l'édification de leur ambassade permanente à Jérusalem, une initiative qu'Israël a qualifiée de témoin de «l'alliance indéfectible» entre les deux pays.

Lors de son premier mandat, en décembre 2017, le président américain Donald Trump avait ordonné le déménagement de la mission diplomatique américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem, reconnue comme capitale d'Israël, brisant la neutralité historique de la communauté internationale.

«Les États-Unis ne reconnaissent pas seulement Jérusalem comme la capitale éternelle, ancestrale et ce pour toujours, du peuple juif, mais les États-Unis disent aussi: nous allons agir sur cette question», a déclaré l'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, lors d'une cérémonie au ministère israélien des Affaires étrangères marquant la signature d'un accord sur le site de construction du nouveau bâtiment.

«Nous allons planter notre drapeau, notre drapeau américain, sur le sol de Jérusalem pour y établir le tout nouveau complexe permanent de notre ambassade, qui servira de vaisseau amiral pour nos activités diplomatiques ici en Israël», a-t-il ajouté.

«Je dirais que Dieu a pris cette décision il y a 3.800 ans, et nous avons finalement fini par reconnaître ce qui avait été établi bien avant l'existence même des États-Unis», a-t-il encore dit.

L'ambassade permanente sera construite sur le site dit du complexe Allenby dans le sud de la ville. Ses services étaient jusqu'à présent répartis sur plusieurs sites à Jérusalem.

L'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah a dénoncé le projet de construction, estimant qu'il «consacre délibérément une injustice historique profonde».

En effet, a expliqué Adalah, le site «est situé sur une terre confisquée par Israël à des Palestiniens» sur la base d'une loi «discriminatoire» de 1950, qui permettait à l'État de prendre possession de terres de personnes déplacées ou réfugiées. Adalah a précisé avoir déjà déposé des recours au nom d'héritiers de propriétaires palestiniens, dont certains sont ressortissants jordaniens ou américains.

Dans un communiqué, l'organisation a accusé l'administration américaine, en choisissant ce site, «de soutenir directement les mécanismes israéliens illégaux de déplacement et d'accaparement», en violation des droits des Palestiniens.

Israël a conquis et annexé la partie orientale de Jérusalem en 1967, avant de proclamer l'ensemble de la ville comme sa capitale indivisible.

La communauté internationale n'a jamais reconnu l'annexion et considère Jérusalem-Est comme territoire occupé.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'État auquel ils aspirent.

«La décision historique du président Trump en 2017 de déplacer l'ambassade à Jérusalem a remis les choses en ordre», a estimé lors de la cérémonie de mercredi Gideon Saar, le ministre des Affaires étrangères israélien.

Selon lui, l'accord signé pour la construction du site souligne «l'alliance indéfectible» entre Israël et son allié, les États-Unis.

«Tout comme les États-Unis sont vitaux et irremplaçables pour Israël, Israël est vital pour les États-Unis et leurs intérêts dans la région», a abondé M. Huckabee dans un message sur son compte X.

Cette décision intervient également après une période de tensions rapportées entre M. Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu concernant la fin de la guerre avec l'Iran, lancée conjointement le 28 février.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire