L'Algérie élit un nouveau Parlement, risque d'une forte abstention
Une femme montre son doigt taché d’encre après avoir voté dans un bureau de vote lors des élections législatives à Alger, le 2 juillet 2026. © - / AFP

L'Algérie élit jeudi un nouveau Parlement après une campagne morose, lors d'un scrutin marqué par le risque d'une forte abstention.

À 15H00 locales, le taux de participation avait atteint 11,24%, selon Karim Khelfane, président par intérim de l'Autorité nationale indépendante des élections, cité par la télévision nationale.

Dans le centre de la capitale, les bureaux de vote étaient quasi déserts en début d'après-midi. Seuls étaient présents des agents électoraux et une poignée d'électeurs, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

Mais les files d'attente s'allongeaient dans certaines régions, notamment dans la nouvelle wilaya d'El Aricha (nord-ouest), selon des images diffusées par la télévision publique.

«Nous sommes venus exercer notre devoir, en espérant quelque chose de bien. C'est tout ce que j'ai à dire», a déclaré à l'AFP Djammel Bouakkaz, retraité de 74 ans, dans un bureau de vote d'Alger.

Le scrutin se tient également sur fond de controverse liée à l'invalidation d'environ un tiers des listes, plusieurs partis dénonçant leur exclusion de certaines circonscriptions, notamment dans la capitale.

Les formations proches du pouvoir, comme le Front de libération nationale (FLN), devraient sauf surprise dominer la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN).

Cité par l'agence officielle APS, le président Abdelmadjid Tebboune a dit jeudi que les législatives se déroulaient dans de bonnes conditions.

Le ministre de l'Intérieur, Saïd Sayoud, n'a de son côté pas souhaité, selon le site d'information TSA, s'exprimer sur le taux de participation.

«Je lance un appel aux Algériennes et aux Algériens pour se rendre en force aux urnes», a-t-il dit d'après le site.

«Pleine légitimité»

Au total, 407 sièges sont à pourvoir pour un mandat de cinq ans. Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (07H00 GMT) et les électeurs peuvent voter jusqu'à 19H00 (18H00 GMT) sur l'ensemble du territoire ainsi qu'à l'étranger.

«Tout au long de cette campagne, l'enjeu crucial aura été d'inciter et de convaincre les concitoyens à se rendre en masse aux urnes», écrit le quotidien L'Expression.

«Le taux de participation demeure, légitimement, le principal cheval de bataille des états-majors politiques, soucieux d'asseoir la pleine légitimité de la future Assemblée», poursuit-il.

Les dernières législatives, en 2021, remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23%, le plus bas de l'histoire du pays.

Elles s'étaient tenues dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Il avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.

Progressivement, une interdiction des rassemblements, que les autorités ont justifiée par l'épidémie de Covid-19, et l'incarcération des figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.

L'actuel président Abdelmadjid Tebboune avait été élu en décembre 2019, puis réélu en 2024.

Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise par les autorités du contrôle de l'espace public depuis l'élan du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.

AFP

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