Une nouvelle vague de chaleur progresse en France lundi, avec 16 départements en vigilance orange canicule et des températures pouvant atteindre localement 40°C, quelques jours seulement après un épisode de chaleur historique.
Cet épisode survient après une canicule exceptionnelle qui a touché des centaines de millions d'habitants en Europe, de l'Espagne à la République tchèque, en passant par la France, l'Allemagne, le Danemark et la Pologne. Il devrait toutefois être moins intense.
Fin mai, la France avait déjà connu un épisode de chaleur inédit pour cette période de l'année, avec de nombreux records locaux de températures maximales.
Le mois dernier est également devenu le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec des températures dépassant largement les 40°C dans de nombreuses régions.
Seize départements ont été placés en vigilance orange canicule lundi dans le Sud et l'Ouest, a indiqué dimanche Météo-France, qui estime «très probable» une extension de cette vigilance à d'autres départements.
Lundi, «les températures dépasseront 35°C dans le Sud-Ouest, jusqu'à 39°C localement. Dans le Languedoc-Roussillon, les températures atteindront 38 à 40°C», a précisé Météo-France.
Plus au nord, notamment en région parisienne, les températures oscilleront généralement entre 31 et 35°C. Paris a été placé en vigilance jaune à partir de lundi midi, comme 42 autres départements.
Motion de censure
Plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, réclament «une loi d'urgence climatique» dans une tribune, face à ce qu'ils qualifient d'«emprise de l'industrie fossile», responsable du réchauffement climatique à l'origine de la multiplication des vagues de chaleur.
«Nous sommes collectivement traumatisés par les dix jours de canicule dont nous sortons», écrivent les auteurs de cette tribune publiée dans Le Monde, parmi lesquels les climatologues Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmotte et le paléoclimatologue Jean Jouzel.
Comme lors de la précédente vague de chaleur, cette hausse des températures devrait raviver le débat politique, alors qu'une motion de censure déposée par le groupe Écologiste à l'Assemblée nationale est examinée lundi.
Elle vise le gouvernement de Sébastien Lecornu, auquel les députés écologistes reprochent d'avoir «aggravé» les «vulnérabilités du pays» face au changement climatique et aux épisodes caniculaires.
Dimanche, le Premier ministre a répondu à une partie des demandes des socialistes en annonçant l'inscription au Sénat d'une proposition de loi sur l'adaptation au changement climatique, sans toutefois accepter leur demande d'augmentation du Fonds vert.
L'opposition avait vivement critiqué le gouvernement lors de la canicule de juin, l'accusant d'avoir tardé à investir dans l'adaptation des écoles, des hôpitaux et d'autres infrastructures aux fortes chaleurs.
Le gouvernement met en avant la création, en 2023, du Fonds vert destiné à financer les projets des collectivités en faveur de la transition écologique, malgré une réduction progressive de ses dotations.
Préparation
Les canicules à répétition constituent «un marqueur sans équivoque» du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, rappellent les climatologues. Ces épisodes sont appelés à devenir plus fréquents, plus longs et plus intenses.
Dans les secteurs les plus vulnérables, la préparation est de mise face à cette troisième alerte en moins de six semaines.
La situation justifie «de rester en alerte», a déclaré Nicolas Revel, directeur général de l'AP-HP, au journal Le Monde, d'autant que «nous entrons dans la période des vacances des soignants», ce qui entraîne une réduction du nombre de lits disponibles.
Cette nouvelle hausse des températures est également aggravée par plusieurs incendies, notamment dans les Pyrénées-Orientales, où 10.000 habitants ont été évacués.
Les évacuations concernent la ville d'Ille-sur-Têt et le massif des Aspres, où un incendie a parcouru plus de 1.650 hectares en 24 heures, blessant un habitant et un sapeur-pompier.
La troisième étape du Tour de France, entre Granollers (Espagne) et Les Angles (Pyrénées-Orientales), se disputera «sans public» dans sa partie française en raison de la mobilisation des secours.
Dans le Gard, un autre incendie, désormais fixé, a parcouru plus de 540 hectares autour de Lédenon et de l'autoroute A9, blessant un pompier.
Par Ali BEKHTAOUI / AFP



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