Deux Tchèques en finale et un premier trophée majeur dans le viseur: l'artiste Karolina Muchova et sa compatriote Linda Noskova, presque imbattable sur gazon depuis deux saisons, se disputeront un premier titre en Grand Chelem samedi à Wimbledon.
Finaliste de Roland-Garros en 2023, où elle avait été battue en trois sets par une Iga Swiatek en route vers le troisième de ses quatre titres sur la terre battue parisienne, Karolina Muchova a déjà vécu une finale en Grand Chelem.
À 29 ans, la native d'Olomouc, dans l'est de la République tchèque, réalise en outre la meilleure saison de sa carrière avec un premier titre en WTA 1000 à Doha en février, et un premier sacre sur gazon à Bad Hombourg (Allemagne) juste avant Wimbledon.
«Avec son toucher de balle, elle a un jeu fait pour le gazon», souligne l'Allemande Sabine Lisicki, finaliste à l'All England Club en 2013.
«J'adore la regarder jouer», renchérit l'ex-N.1 mondiale Caroline Wozniacki.
Muchova «mériterait plus»
Capable de presque tout faire raquette en main - volées plongeantes, coups frappés dos au filet, enchaînements amorties-lobs... -, la 9ᵉ mondiale dispose d'une palette de coups plus large que la moyenne et cela fait d'elle «une joueuse populaire dans le vestiaire» et chez les suiveurs du tennis, souligne la Danoise, retraitée des courts depuis l'US Open 2024.
Belle perdante, sa victime en demi-finale Coco Gauff (7ᵉ) a jugé jeudi que «vu son talent, elle (Muchova, NDLR) mériterait plus de succès» que ses trois titres WTA.
Mais des blessures se sont souvent mises en travers de sa route. Opérée du poignet droit et éloignée du circuit entre septembre 2023 et juin 2024, une douleur persistante au poignet gauche l'a forcée à jouer son revers à une main pendant une partie de la saison 2025.
Jeudi contre Gauff, la Tchèque a fait naître de nouvelles inquiétudes quand elle s'est massé la zone abdominale en grimaçant dans le super-tie-break.
«J'ai eu un point de côté», a tenté de rassurer Muchova devant la presse. «Je n'arrivais pas à reprendre ma respiration et j'essayais de me masser un peu pour chasser la douleur.»
«Tradition» tchèque
De l'autre côté du filet, Linda Noskova semble, elle, dans la forme de sa vie.
À 21 ans, la 12ᵉ mondiale a conquis en juin à Berlin son premier titre sur gazon et a éliminé quatre têtes de série à Wimbledon, dont la lauréate de l'Open d'Australie 2025 Madison Keys.
Mieux: lors des deux dernières saisons, Noskova est la joueuse qui a gagné le plus de matches sur gazon (19) sur le circuit WTA.
Mais après sa victoire contre la coriace Ukrainienne Marta Kostyuk en demi-finales, elle semblait presque surprise par la tournure des évènements.
«On ne peut jamais planifier le succès», a insisté Noskova, «fatiguée mentalement» à l'issue d'une saison sur terre battue conclue par un Roland-Garros selon elle «désastreux» élimination au premier tour par la Grecque Maria Sakkari (actuelle 43ᵉ mondiale) .
Également habile sur dur, où elle a atteint les quarts de finale de l'Open d'Australie en 2024 et la finale du WTA 1000 de Pékin en 2025, la droitière née près de la frontière slovaque a perdu le seul match qu'elle a disputé contre Muchova, au troisième tour du dernier US Open.
Malgré leur différence d'âge, les deux Tchèques ont appris à se connaître en 2024, en disputant le tournoi olympique de double aux Jeux de Paris, qu'elles avaient terminé au pied du podium.
Avant leur demi-finale à Wimbledon, elles ont aussi partagé jeudi un entraînement sur le Central, qu'elles n'avaient encore jamais foulé.
Quelle que soit la gagnante, une troisième lauréate tchèque en quatre ans sera couronnée à l'All England Club, après les sacres de Marketa Vondrousova (2023) et Barbora Krejcikova (2024).
«C'est presque devenu une tradition», a souri Noskova à l'approche de sa première finale en Grand Chelem.
Par Damien GAUDISSART,AFP



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