Les incendies qui font rage depuis dimanche après-midi dans la forêt de Fontainebleau avaient parcouru plus de 1.900 hectares mardi matin, selon les pompiers de Seine-et-Marne, qui espèrent que le feu sera fixé dans la journée.
Ce chiffre, arrêté au milieu de la nuit, devrait évoluer dans la journée alors que le feu continue de progresser, a indiqué à l'AFP le commandant Paul-Édouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.
Les quelque 850 pompiers mobilisés contre les flammes espèrent fixer le feu dans la journée. «Avec l'aide des Canadair, notamment, ça devrait être un objectif qu'on espère tenable», a précisé M. Laurain.
Les quatre avions bombardiers d'eau, engagés lundi, une première pour l'Île-de-France, avaient dû interrompre leurs rotations pendant la nuit. Ils ont repris leur activité en début de matinée.
Des conditions toujours défavorables
Pour la journée de mardi, «on s'attend, même si on aura un vent moindre par rapport à hier (lundi), à avoir des températures qui vont rester identiques», a signalé le commandant Laurain, alors que les conditions météorologiques demeurent défavorables à la lutte contre le feu avec de fortes chaleurs, du vent et un air sec.
Les pompiers affrontent deux principaux incendies dans la forêt. Le premier s'est déclaré dimanche en fin d'après-midi autour de l'A6 et a entraîné la fermeture d'une partie de l'autoroute. Le second a démarré lundi après-midi dans le secteur de la Faisanderie, non loin de la ville de Fontainebleau.
Au total, environ un millier de personnes ont été évacuées, selon les autorités.
Dans le secteur, l'A6 restait fermée à la circulation mardi matin.
Deux suspects interpellés
Parmi les quelque 850 pompiers mobilisés, 650 sont venus d'autres départements, notamment du sud de la France, ou des brigades militaires de la sécurité civile. Lundi soir, un pompier du Var expliquait ainsi à l'AFP qu'il était plus habitué à voir ses collègues de région parisienne venir lui prêter main-forte que l'inverse.
Cet incendie, qui frappe le poumon vert de l'Île-de-France à l'exceptionnelle biodiversité, est l'un des trois plus importants qu'a connus la moitié nord du pays en vingt ans.
Deux suspects ont été interpellés, a annoncé lundi soir le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui avait évoqué dès la matinée la piste d'un incendie volontaire.
L'un des deux suspects est un jeune homme de 18 ans, inconnu des services de police. Il a été interpellé avec un briquet sur lui et ses mains étaient recouvertes de suie, selon une source proche du dossier.
Sur l'ensemble du territoire, 59 personnes ont été interpellées pour des «mises à feu volontaires ou accidentelles», dont sept placées en détention provisoire, a indiqué Laurent Nuñez.
L'emblématique massif forestier de Fontainebleau couvre environ 25.000 hectares, à 60 kilomètres au sud-est de Paris. Il accueille chaque année 15 millions de visiteurs, ce qui en fait une zone particulièrement sensible, en raison notamment de son sol sableux et de sa végétation de fougères et de résineux très inflammables.
Une série d'incendies en France
Plus aucune région n'est désormais à l'abri des incendies estivaux.
Selon un bilan présenté lundi par Laurent Nuñez, 32.000 hectares ont été parcourus par le feu depuis le début de l'année en France, soit davantage que durant toute la saison 2025.
En Lozère, où un incendie s'était déclaré lundi en fin de journée sur la commune de Saint-Bonnet-Laval, le feu a été fixé dans la nuit après avoir parcouru 120 hectares de végétation.
En Bretagne, l'incendie qui a ravagé 38 hectares de landes sur le site du cap Fréhel a également été fixé, a annoncé la préfecture des Côtes-d'Armor.
L'accumulation des incendies liés à la canicule menace également les infrastructures ferroviaires et provoque d'importants retards pour les voyageurs en pleine période de départs en vacances.
Au total, dix incendies se sont déclarés lundi à proximité de voies ferrées, selon un porte-parole de SNCF Réseau.
AFP



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