Trump fait l'éloge d'un Premier ministre irakien en quête d'investissements
Le président américain Donald Trump (à droite) serre la main du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi lors d'une rencontre bilatérale dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington, le 14 juillet 2026. ©Andrew Harnik / Getty Images North America / Getty Images via AFP

Donald Trump a salué mardi le leadership du Premier ministre irakien Ali al-Zaidi qui a de son côté promis de désarmer les groupes pro-iraniens présents dans le pays et s'est dit prêt à accueillir les entreprises américaines.

Parlant d'une «formidable alchimie» entre eux, le président américain a jugé que le dirigeant irakien était «un champion».

«Il a remporté une élection que beaucoup de gens n'avaient pas prévue», a-t-il affirmé devant la presse dans le Bureau ovale aux côtés du dirigeant irakien, insistant sur le fait qu'il l'avait «endossé».

«C'est un grand combattant, et c'est un grand admirateur des États-Unis», a ajouté le président américain en rappelant que le pays disposait d'énormes réserves de pétrole.

La visite du Premier ministre irakien, son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonction en avril, intervient en pleine reprise des affrontements entre les deux grands alliés de l'Irak, l'Iran et les États-Unis, dont l'opposition de longue date a fait du pays un terrain d'affrontement par procuration.

Ali al-Zaidi est arrivé lundi aux États-Unis pour ce déplacement d'une semaine. Il doit rencontrer également des représentants de compagnies pétrolières et des élus.

L'ex-homme d'affaires, arrivé au pouvoir avec l'appui du président américain, s'est engagé à dynamiser la fragile économie de son pays, qui dépend fortement de ses exportations de pétrole.

Il est surtout sous pression pour désarmer les groupes armés irakiens pro-iraniens, accusés d'avoir mené des centaines d'attaques sur des infrastructures américaines en Irak pendant la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février.

«Il s'agit de ma première visite aux États-Unis, non pas d'un simple voyage d'agrément, mais d'une déclaration de partenariat économique», a lancé pour sa part M. Zaidi.

«Le 30 septembre, les forces américaines se retireront et les entreprises américaines s'installeront» en Irak, a-t-il dit en soulignant que le gouvernement prendrait «le monopole sur les armes».

«Après le 30 septembre, les factions n'auront plus lieu d'être (..) et nous n'autoriserons aucune entité à porter des armes en dehors de l'État», a-t-il dit, condition indispensable selon lui pour attirer les investissements.

«Maintenir l'équilibre»

Son gouvernement a donné aux groupes armés, désignés comme organisations terroristes par les États-Unis, jusqu'au 30 septembre pour se désarmer, date coïncidant avec le retrait d'Irak de la coalition internationale dirigée par Washington pour combattre les jihadistes.

Si Bagdad a adopté récemment une position plus favorable aux États-Unis, cela ne «signifie pas que l'Irak tourne le dos à l'Iran», a souligné un haut responsable irakien à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

L'Irak «doit maintenir l'équilibre en vigueur de longue date» entre ses alliés, a-t-il déclaré.

La semaine dernière, des villes saintes chiites irakiennes ont accueilli d'immenses cortèges à l'occasion des funérailles de l'ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué dans les frappes en Iran fin février.

En signe de soutien au dirigeant irakien, Washington a repris les envois de liquidités au titre des revenus pétroliers de l'Irak, gérés par la Réserve fédérale de New York depuis 2003, année de l'invasion américaine de l'Irak qui avait plongé le pays dans des années de violences.

Ces transferts de fonds avaient été suspendus plus tôt cette année pour accentuer la pression sur Bagdad afin qu'il désarme les groupes armés pro-iraniens.

Certains d'entre eux ont dit qu'ils coopéreraient avec le gouvernement irakien, mais d'autres refusent toujours de rendre les armes.

«Tant qu'il y a une guerre dans la région, ni eux ni l'Iran n'accepteront» le désarmement, a estimé le haut responsable irakien.

Ces groupes, dont la puissance politique et financière a augmenté au fil des années, demandent depuis longtemps le retrait des troupes américaines de la coalition antijihadiste, établie en 2014 pour lutter contre l'organisation État islamique.

En quête d'investissements

L'Irak tente de tourner la page de décennies de violences, mais souffre toujours d'infrastructures et de services publics défaillants et d'une corruption endémique.

«C'est un fardeau qu'il faut partager avec un partenaire stratégique. Le partenaire stratégique le plus important au monde, ce sont les États-Unis», a relevé M. Zaidi.

Ces derniers mois, l'Irak a conclu plusieurs accords avec des compagnies pétrolières américaines.

D'autres accords devraient être signés cette semaine à Washington, notamment l'un portant sur la création d'un fonds auquel l'Irak apportera 500 000 barils de pétrole par jour contre l'amélioration de son approvisionnement en électricité.

Pays fondateur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Irak dépend fortement de ses exportations de brut, qui représentent ordinairement 90% de ses recettes budgétaires et transitent en grande majorité par le détroit d'Ormuz, au cœur des hostilités actuelles.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire