Espagne: l'épouse de Pedro Sánchez sera jugée pour trafic d'influence et détournement de fonds
Lei Jun (à droite), fondateur, président-directeur général de Xiaomi, s'entretient avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (au centre) et son épouse Begona Gomez au siège de Xiaomi à Pékin, le 13 avril 2026. ©Andres Martinez Casares / AFP

L'épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez va bien être jugée pour trafic d'influence et détournement de fonds publics, a confirmé jeudi un tribunal de Madrid, qui a par ailleurs levé son interdiction de quitter le territoire.

Begoña Gómez, la femme du chef du gouvernement socialiste, sera donc jugée prochainement par un jury populaire, comme le demandait le juge enquêtant sur elle depuis deux ans, mais le délit de corruption a été abandonné, peut-on lire dans la décision datée de lundi consultée par l'AFP.

La date du procès n'est pas encore connue.

Cette affaire, qui fait partie des nombreux scandales touchant l'entourage de Pedro Sánchez, est probablement celle qui a connu le plus de recours judiciaires mais cette décision vient sceller le sort de Begoña Gómez.

Le juge avait ouvert une enquête en avril 2024 pour déterminer si cette dernière s'était servi de sa position d'épouse du Premier ministre à des fins privées, ce qu'elle et son mari nient.

Lors de l'annonce retentissante de l'ouverture de cette enquête, Pedro Sánchez avait brutalement suspendu ses fonctions publiques pendant plusieurs jours, afin de réfléchir à la possibilité de rester en poste.

Sa femme qui dirigeait jusqu'à la rentrée 2024 un master de management est soupçonnée d'avoir utilisé à son profit les fonctions de son mari pour obtenir sa place dans la prestigieuse université Complutense de Madrid, ainsi que des financements.

Elle est également accusée d'appropriation illégale d'un logiciel créé pour l'université ainsi que d'avoir eu recours aux services d'une assistante employée par les services du Premier ministre et payée par des fonds publics pour l'aider dans ses activités universitaires.

Begoña Gómez a déposé de multiples recours à chaque étape judiciaire de l'enquête, ouverte à l'origine après une plainte déposée par un groupe anticorruption lié à l'extrême droite.

Le dernier rebondissement était intervenu en juin avec la confiscation de son passeport et son interdiction de sortie du territoire, une mesure qu'elle avait contestée, demandant à pouvoir se rendre à un sommet de l'Otan ainsi qu'à la cérémonie de remise de diplôme de sa fille à Londres.

La décision du tribunal de Madrid de lundi vient lever cette interdiction de sortie du territoire.

Outre cette affaire touchant sa femme, Pedro Sánchez vient de voir son frère David condamné et interdit d'exercer toute fonction publique pendant neuf ans car il a utilisé l'influence de son frère aîné afin de se faire embaucher à un poste au sein d'une administration publique.

Par ailleurs, deux de ses anciens proches, Santos Cerdán et son ex-ministre des Transports José Luis Ábalos, doivent être jugés ou l'ont déjà été dans des affaires de corruption.

Le second a écopé fin juin d'une peine de 24 ans de prison pour corruption.

Et depuis le mois de mai, c'est son prédécesseur socialiste à la tête du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, Premier ministre de 2004 à 2011 et figure très respectée de la gauche, qui a été inculpé, lui aussi pour trafic d'influence en échange de pots-de-vin.

L'opposition réclame la démission de M. Sánchez et la convocation d'élections anticipées, ce qu'il refuse.

AFP

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