La production de gaz exporté vers l'Italie et alimentant des centrales électriques locales a repris mardi dans l'ouest de la Libye, à Mellitah, après que l'armée envoyée par le gouvernement de Tripoli a «sécurisé» un vaste complexe gazier où des manifestants, furieux des coupures de courant, étaient entrés de force.
La compagnie publique libyenne NOC a annoncé dans un communiqué avoir «autorisé la reprise de la production de gaz et le retour à la normale des opérations» après la «sécurisation complète du complexe par le Gouvernement d'union nationale (GUN) et la mise en place d'un environnement sûr permettant aux travailleurs de reprendre des activités normales».
La production a redémarré «sur les champs pétroliers d'al-Fil et al-Wafa et la plateforme offshore au large de Sabratha», qui alimentent le complexe de Mellitah, a ajouté la NOC.
Le consortium Mellitah Oil and Gas, contrôlé par la NOC en partenariat avec le géant italien ENI, qui gère le complexe, s'est également félicité de cette reprise, rendue possible «grâce aux bons offices des populations voisines».
Le site a recommencé à «recevoir du pétrole et du gaz provenant des gisements terrestres et maritimes et à approvisionner les principaux consommateurs via le réseau gazier local», a-t-il ajouté.
Lorsqu'il fonctionne à plein régime, Mellitah produit 8 milliards de m³ de gaz naturel destinés à l'exportation vers l'Italie et 5 milliards de m³ pour le marché local, selon la page internet du consortium.
Le GUN, reconnu internationalement, avait auparavant annoncé une intervention de l'armée après qu'un groupe de manifestants avait pénétré par effraction sur le site dans la nuit de lundi à mardi, entraînant l'arrêt des opérations.
Selon la compagnie d'électricité Gecol, qui jugeait la situation «extrêmement critique», ils étaient entrés avec l'intention de «couper les vannes de gaz», accroissant le risque d'«une panne générale du réseau électrique» dans la région. Des négociations ont eu lieu avec les manifestants, a indiqué à l'AFP un responsable du complexe sous couvert d'anonymat.
En parallèle, à Tripoli, une centaine de jeunes ont déversé dans la nuit de lundi à mardi des détritus devant les sièges de compagnies pétro-gazières, en scandant «Le peuple veut la chute du régime», pour protester contre les coupures de courant et la vie chère.
Situé à une centaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli, près de la frontière tunisienne, Mellitah alimente le gazoduc Greenstream, une liaison sous-marine d'environ 520 km reliant le complexe à Gela, dans le sud de l'Italie. Le vaste site fournit aussi du gaz naturel à plusieurs centrales libyennes pour la production d'électricité locale.
Dotée des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique, la Libye a plongé dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
Deux gouvernements s'y disputent actuellement le pouvoir: l'un installé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, l'autre dans l'Est, contrôlé par le puissant maréchal Khalifa Haftar et ses fils.
Ces derniers jours, des centaines d'habitants ont manifesté à Tripoli et dans sa région contre les coupures d'électricité.
AFP



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