Chypre: Antonio Guterres propose une réunion des deux parties avec les «garants» de l'île
Le président chypriote Nikos Christodoulides (à droite) accueille le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, au palais présidentiel de Nicosie, le 28 juillet 2026. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a entamé le 28 juillet des entretiens séparés avec les dirigeants chypriotes rivaux, en amont d'une réunion trilatérale visant à évaluer la possibilité de nouvelles négociations, neuf ans après l'échec du processus de paix. Traduit avec DeepL.com (version gratuite) ©STAVROS IOANNIDES / PIO / AFP

Le secrétaire général de l'ONU a proposé mercredi à Chypre une réunion des deux parties rivales avec les garants» de l'île divisée depuis 1974 afin de sortir de l'impasse, s'attirant une réponse prudente d'Ankara.

Cette proposition a été favorablement accueillie par les deux présidents rivaux de Chypre qui ont salué les efforts déployés par Antonio Guterres.

La Turquie, parrain de la partie nord turque, a en revanche rapidement relevé, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, qu'à ce stade «aucun terrain d’entente n’existe encore entre les deux parties sur l’île».

Après huit ans de paralysie et seize ans depuis la dernière visite d'un patron de l'ONU, M. Guterres a eu mardi des entretiens avec les responsables de la République turque de Chypre (RTCN), reconnue par la seule Turquie, qui occupe un tiers de l'île, et avec ceux de la République de Chypre, membre de l'UE.

«Nous travaillerons en concertation avec les deux parties et les garants afin de créer les conditions du succès de la réunion», a déclaré M. Guterres devant la presse à Nicosie, en référence aux responsables des parties turque et grecque chypriotes, la Grèce, la Turquie, le Royaume-Uni ainsi que l'ONU.

«J'ai obtenu l'accord des deux parties et des garants pour organiser une réunion à cinq plus un. Cependant, une préparation adéquate est indispensable, car je souhaite éviter de nouvelles réunions qui ne servent à rien: je veux que celle-ci soit fructueuse et favorise la recherche d'une solution», a prévenu M. Guterres.

Le président chypriote Nikos Christodoulides a fait savoir dans un communiqué qu'il avait «accepté la convocation d'une conférence élargie», assurant que les préparatifs allaient se poursuivre.

M. Guterres a montré qu'il est «pleinement attaché aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies» qui prônent la réunification de l'île, a-t-il souligné.

«Quelque chose de différent»

De son côté, le président de la RTCN Tufan Erhürman a affirmé «vouloir une solution» en accord avec la Turquie.

«Cette fois il faut faire quelque chose de différent. Nous continuerons à mener le processus en étroite et pleine concertation avec le pays garant, la République de Turquie, comme nous l’avons fait jusqu’à présent» a-t-il dit devant la presse.

Néanmoins, Ankara a réitéré son hostilité à tout projet de réunification qui mettrait en péril l'existence de la RTCN, qu'elle soutient comme une partie de son territoire.

«Les modèles de solutions qui ont été testés et approuvés pendant des décennies appartiennent au passé» a jugé le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, renvoyant à la responsabilité de la partie chypriote grecque.

«La perspective d'une solution ne se concrétisera pas tant que la position intransigeante de la partie chypriote grecque ne changera pas et que ses actions, qui affectent également négativement la sécurité régionale, ne cesseront pas» a-t-il mis en garde.

Rappelant des décennies de réunions vaines pour parvenir à un projet de réunification de l'île méditerranéenne, M. Guterres avait appelé les dirigeants des deux parties à «intensifier» leurs efforts et à définir des «mesures de confiance».

«Il était de mon devoir de venir à Chypre pour exprimer ma pleine solidarité avec le peuple chypriote dans sa quête d'une solution» a-t-il estimé, alors que son ultime mandat s'achève à la fin de l'année et que la course à sa succession est engagée.

«C'est le moment où tous les efforts doivent être déployés pour rétablir la confiance».

«Il est essentiel de redoubler d'efforts pour définir et mettre en œuvre des mesures de confiance, susceptibles d'améliorer concrètement le quotidien de tous les Chypriotes. J'appelle les deux dirigeants à intensifier ces efforts» a-t-il insisté.

Hazel Ward, avec AFP

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