Incendies en Grèce: situation «extrêmement difficile» en raison de vents violents
Le 2 août 2026, les pompiers grecs tentent d'éteindre un incendie de forêt dans la région de Porto Germeno, située à environ 70 kilomètres (45 miles) au nord-ouest d'Athènes, dans la région de Béotie. ©ANGELOS TZORTZINIS / AFP

La Grèce, confrontée en pleine saison touristique à plusieurs violents incendies, fait face à une situation «extrêmement difficile» en raison de conditions météorologiques «extrêmes» et de vents atteignant souvent les 100 kilomètres à l'heure, a indiqué dimanche le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

En une semaine, plus de 12.000 hectares de forêts et de terres agricoles ont été ravagés par les flammes dans ce pays durement touché par la crise climatique, à l'instar de l'ensemble du pourtour méditerranéen.

En proie chaque été à des incendies en raison des canicules fréquentes et de la sécheresse, la Grèce avait jusqu'à présent été relativement épargnée par les grands feux en ce début de saison estivale, contrairement à la France et à l'Espagne. Le pays est désormais en alerte maximale.

«Ces jours sont extrêmement difficiles», a écrit le Premier ministre sur Facebook, évoquant des «conditions météorologiques extrêmes et des vents» atteignant souvent les 100 kilomètres à l'heure. «Il y a des moments où la nature et l'intensité des phénomènes météorologiques surpassent toute planification humaine et toute capacité opérationnelle», a-t-il ajouté.

Située à 70 km au nord-ouest d'Athènes, Porto Germeno, sur le golfe de Corinthe, est une station balnéaire prisée des Athéniens, dont la population augmente fortement en été.

Les dégâts y sont déjà considérables, ont affirmé plusieurs témoins à l'AFP.

«Le feu était trop violent et le vent soufflait avec une force incroyable. Il n'y avait rien à faire, sinon regarder l'incendie. Ma maison a été entièrement détruite», a témoigné samedi auprès de l'AFP Minas Tsotdanis, un agriculteur vivant dans un hameau voisin.

Des dizaines de maisons ont été endommagées ou détruites, selon les autorités.

Selon Théodore Giannaros, météorologiste spécialisé dans les incendies et chercheur à l'Observatoire national, les feux autour de Porto Germeno semblent avoir touché une superficie de plus de 10.000 hectares, soit près du double de l'estimation initiale.

«Malheureusement, il est très probable, voire presque certain, que cet incendie soit classé comme un méga-incendie», a-t-il écrit sur Facebook.

Plusieurs fronts

Les pompiers sont mobilisés sur plusieurs fronts. Près de 500 soldats du feu sont déployés dans la région de Porto Germeno, tandis qu'une centaine d'autres combattent un incendie à Aigialia, dans le nord du Péloponnèse.

Un nouvel incendie s'est également déclaré samedi soir sur l'île de Céphalonie, en mer Ionienne.

Le ministre grec de la Protection civile, Evangelos Tournas, a déclaré samedi que les pompiers avaient été «poussés à leurs limites». Trois d'entre eux sont morts cette semaine en intervention, deux en Crète et un dans le Péloponnèse.

La violence des vents a créé «des conditions extrêmement difficiles, entraînant de nombreux cas où les avions sont dans l'impossibilité de puiser de l'eau ou d'effectuer des largages en raison de turbulences extrêmes», a-t-il souligné.

Porto Germeno et plusieurs villages voisins ont été évacués lorsque l'incendie s'est déclaré vendredi.

Plus tôt dans la semaine, des incendies sur les îles très touristiques de Crète et de Paros avaient déjà ravagé 6.000 hectares supplémentaires.

Même si les vents se sont calmés samedi soir, la région d'Athènes, une région voisine ainsi que l'île d'Eubée demeurent exposées dimanche à un risque d'incendie proche du niveau maximal, selon le ministère de la Protection civile.

AFP

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