Libye: quatre morts dans de violents combats dans l'ouest
Des forces de sécurité libyennes tiennent un poste de contrôle à Tripoli, le 13 mai 2025. ©Mahmud Turkia / AFP

De violents combats entre des groupes armés rivaux dans l'ouest de la Libye ont fait quatre morts et au moins 10 blessés dans la nuit avant de cesser mardi après l'intervention d'une force d'interposition, a indiqué à l'AFP un responsable militaire.

Des unités de la 52ᵉ brigade d'infanterie de l'Ouest, rattachée au pouvoir à Tripoli, «sont intervenues en tant que force neutre de maintien de la paix, avec l'accord des deux parties», selon le responsable de cette brigade, joint par téléphone.

Ces forces sont actuellement «déployées le long des lignes de contact à Sorman et aux limites administratives de Zawiya», villes côtières à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli, a-t-il précisé.

«Toutes les routes sont sécurisées et la route côtière a été rouverte dans les deux sens. Il n'y a actuellement (...) aucun affrontement dans la zone», a poursuivi la même source.

Les combats entre groupes armés sont récurrents dans la région de Zawiya, où se trouve une vaste raffinerie de pétrole. La zone côtière de l'ouest est au cœur de luttes d'influence entre des factions qui se livrent notamment à la traite de migrants et la contrebande de gazole.

Un responsable de la Direction de la sécurité de Zawiya avait indiqué plus tôt à l'AFP que des affrontements avaient eu lieu «au sud de la ville de Sorman et dans certains quartiers de Zawiya», faisant quatre morts et plus de 10 blessés.

Ils opposaient, selon lui, «l'Appareil de lutte contre les menaces à la sécurité» (SPA) d'un côté, et le «103ᵉ bataillon d'infanterie», surnommé «le 103», de l'autre.

Le SPA, actif dans l'ouest, est officiellement rattaché aux services du Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, qui dirige le gouvernement reconnu par l'ONU, basé à Tripoli. Le 103 relève du ministère de la Défense.

Dotée des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique, la Libye a plongé dans le chaos après la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.

Deux exécutifs s'y disputent actuellement le pouvoir: celui dirigé par M. Dbeibah et un autre dans l'Est, contrôlé par le puissant maréchal Khalifa Haftar et son clan.

Des images et vidéos circulant sur les réseaux sociaux, dont l'authenticité n'a pu être vérifiée par l'AFP, ont montré d'épaisses colonnes de fumée noire s'élevant au-dessus de quartiers résidentiels de Sorman, ainsi que des véhicules et du matériel militaire incendiés dans la ville.

Par ailleurs, la police judiciaire a annoncé dans un communiqué l'évasion d'«un groupe de détenus du Centre pénitentiaire de Sorman», qui ont profité de la confusion engendrée par les combats. Le nombre de prisonniers en fuite n'a pas été précisé.

AFP

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