Arrivée au Venezuela de l'opposante Figuera pour le dialogue avec le pouvoir
L'opposante vénézuelienne Dinorah Figuera est arrivée mercredi au Venezuela en provenance d'Espagne pour entamer les premières discussions avec le pouvoir. ©Compte X de Dinorah Figuera

L'opposante Dinorah Figuera est arrivée mercredi au Venezuela en provenance d'Espagne pour entamer les premières discussions avec le pouvoir dans un dialogue que beaucoup espèrent voir déboucher sur une transition politique et des élections.

Le chef négociateur du pouvoir, Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale et frère de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, et Mme Figuera, ancienne députée élue en 2015 peu connue au Venezuela, avaient tous deux annoncé samedi s'être parlé au téléphone et que le processus débuterait cette semaine à Caracas.

Selon l'agenda officiel publié par les deux parties, les sujets abordés seront la réponse au double séisme du 24 juin qui a fait plus de 6.000 morts, le renforcement de la démocratie, ainsi que les droits et garanties politiques.

Ces négociations, sous supervision de Washington, s'ouvrent sept mois après la capture du président Nicolas Maduro par l'armée américaine dans un pays gouverné par Mme Rodriguez sous pression de Donald Trump.

Ces pourparlers se déroulent sans la participation de la principale figure de l'opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, qui a toutefois déclaré qu'elle n'entraverait pas le processus.

Mme Figuera, qui vivait en exil, est arrivée à l'aéroport de Barcelone, ville située à environ 240 km de Caracas, accompagnée d'autres opposants qui composent la commission de négociation.

«Restez attentifs à ce qui sera, cette semaine, l'ouverture officielle de ce processus de dialogue qui vise à réinstituer la démocratie», a déclaré Mme Figuera dans une interview depuis l'aéroport à la chaîne de télévision Televen.

Elle a notamment souhaité des changements concernant le Tribunal suprême de justice et le Conseil national électoral, deux institutions très critiquées pour avoir validé l'élection contestée de Nicolas Maduro en 2024 alors que l'opposition revendique la victoire et crie à la fraude.

«Ils ont un groupe de personnes qui ne sont pas très connus, n’est-ce pas ? Ils les ont désignées eux-mêmes dans le cadre de leurs accords politiques, de leurs accords internes. Nous n’avons eu absolument aucune ingérence dans la sélection des personnes qui représenteront l’opposition», a affirmé en soirée le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello, considéré comme appartenant à l'aile radicale du pouvoir, dans son émission télévisée hebdomadaire.

«Nous leur souhaitons la bienvenue. Nous espérons qu’ils viennent disposés à dialoguer, à s’intégrer, à continuer à travailler pour ce pays. Bienvenue, à condition qu’ils viennent pour contribuer (...) dans le cadre de cette Constitution (rédigée sous la présidence de Hugo Chavez, NDLR), aux lois de notre pays», a-t-il ajouté.

AFP

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