Ethiopie: les autorités rebelles de l'État du Tigré dénoncent des frappes de drones de l'armée fédérale
De nouvelles tensions ravivent la crainte d'un conflit en Éthiopie. Les autorités du Tigré accusent l'armée fédérale d'avoir mené des frappes de drones dans le sud de la région, causant des pertes humaines. Addis-Abeba n'a pas encore réagi. ©Sergei Supinsky / AFP

Les autorités rebelles du Tigré ont accusé mardi le gouvernement éthiopien d'avoir mené la veille des frappes de drones meurtrières dans le sud de cet État régional, dénonçant «une grave escalade» sur fond de tensions croissantes et de craintes d'une nouvelle guerre.

«Une frappe de drones a été menée hier (lundi) par le gouvernement éthiopien à Merewa», dans le sud du Tigré, près de la frontière avec la région de l'Amhara, a déclaré à l'AFP Amanuel Assefa, numéro deux du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirige l'État régional.

Dans un communiqué transmis mardi à l'AFP, le TPLF affirme que ces frappes ont visé les troupes tigréennes et causé des «pertes humaines», sans donner plus de précisions.

Sollicité par l'AFP à propos de ces accusations, le porte-parole de l'armée fédérale n'a pour l'heure pas donné suite.

M. Amanuel a également affirmé que les frappes avaient touché «un lycée». L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante cette information.

Depuis plusieurs mois, des forces fédérales et tigréennes sont massées de chaque côté de la frontière du Tigré, Etat régional le plus septentrional de l'Ethiopie, alors que les deux parties, qui entretiennent des relations exécrables, s'accusent mutuellement de vouloir déclencher un nouveau conflit.

Le 1er août, des combats ont opposé des forces fédérales à des troupes du TPLF dans le nord-ouest du Tigré, près de la frontière avec le Soudan, selon le TPLF. Le gouvernement fédéral, de son côté, n'a pas communiqué sur le sujet.

Le Tigré, État régional d'environ six millions d'habitants, est sorti en 2022 de deux ans de guerre ayant opposé les forces du TPLF à l'armée fédérale, appuyée par des milices locales et par l'armée érythréenne. Le conflit, extrêmement meurtrier, a fait au moins 600.000 morts, selon une estimation de l'Union africaine.

Un accord de paix signé en novembre 2022 a permis de mettre fin aux combats, mais plusieurs points-clés, comme le retour des déplacés ou le désarmement du TPLF, n'ont jamais été mis en œuvre.

AFP

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