Une attaque de drone russe contre la locomotive d’un train qui transportait plus de 300 personnes a causé la mort de son conducteur et de son assistant dans la région d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine, a annoncé jeudi le directeur des chemins de fer nationaux.
Les forces russes ont à plusieurs reprises ciblé des trains au cours des quatre ans et demi de guerre, des opérations destinées selon Kiev à couper des voies logistiques et à terroriser les civils.
«Selon les premières informations disponibles, cette frappe n’a laissé aucune chance au personnel à bord de notre locomotive, le conducteur et son assistant», a déclaré Oleksandre Pertsovsky sur les réseaux sociaux.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité n’a pas pu être vérifiée par l’AFP, montre un train arrêté sur une voie, dont la locomotive, en proie aux flammes, présente un trou béant.
Volodymyr Zelensky a estimé que «celui qui pilotait ce drone ne pouvait pas ignorer que la cible était exclusivement civile».
Le président ukrainien a regretté que ces attaques contre «des personnes ordinaires» ne génèrent pas toujours «une réponse forte» de la communauté internationale.
Selon Oleksandre Pertsovsky, le train devait entrer en gare pour permettre l’évacuation des passagers, en raison d’une menace de drone.
«Les 340 passagers et les membres du personnel de bord ont été évacués vers un lieu sûr. Aucun d’entre eux n’a été blessé», a-t-il assuré. La frappe a été effectuée par un drone équipé d’un moteur à réaction, a-t-il dit.
Moscou a accru ces derniers mois l’utilisation de ce type de drone d’attaque, plus difficile à intercepter que les modèles à moteur à piston employés massivement contre l’Ukraine depuis 2022.
Dans la même région, un autre train de passagers a été la cible d’une attaque jeudi après-midi et un enfant a été blessé, ont déclaré les secours ukrainiens. Quelque 525 personnes, dont 130 enfants, ont été évacuées.
Fin janvier, une attaque russe contre un train de passagers dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, avait fait au moins cinq morts.
Le directeur de la compagnie ferroviaire ukrainienne avait accusé Moscou de chercher à «couper certaines régions» du reste de l’Ukraine, à un moment où les frappes contre les infrastructures ferroviaires proches de la ligne de front s’intensifiaient dans l’est de l’Ukraine.
La Russie avait de son côté accusé l’Ukraine d’être à l’origine du déraillement de trois trains passagers en 2025 sur le territoire russe, qui avaient provoqué la mort d’une dizaine de civils.
AFP

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