Islamismes et politiques de subversion
©Ici Beyrouth

L’action subversive des islamismes militants avance au gré de l’instabilité politique qui prédomine sur l’ensemble de la géopolitique moyen-orientale et ses incidences en Europe et aux États-Unis. Il s’agit d’une confluence qui est loin d’être accidentelle, dès lors que les effets délétères de cette convergence circonscrivent le cadre d’une conflictualité interstitielle et en définissent la trame. On peut difficilement séparer ses enjeux qui se déploient dans des théâtres politiques et opérationnels divergents. Les cas de Z. Mamdani et d'A. al-Sayed aux États-Unis, ainsi que celui de la LFI, illustrent l’interdépendance entre les agendas islamistes et ceux de la gauche woke, ainsi que leur instrumentalisation par les acteurs concernés. 

Il n’est pas fortuit que les questions de politique publique soient réinterprétées à partir du prisme "palestiniste" qui sert désormais de levier et de modulateur à des stratégies de déstabilisation et d'islamisation. Il ne s’agit pas d’un lien factice. Bien au contraire, il est question d’un vecteur de mobilisation emblématique en vue de provoquer et d’entretenir les dynamiques conflictuelles, alors que manifestement on ne voit pas de relation entre les deux volets politiques. Ces acteurs islamo-gauchistes tentent d’avancer sur un terreau de revendications sociales factices sans aucune relevance, ou de défense communautaire comme si les musulmans aux États-Unis pâtissaient de déclassement social ou de discrimination, alors qu’il s’agit du contraire.

Les communautés et les individus musulmans ont réussi leur intégration socio-économique sans obstacles ni restrictions d'aucun ordre que ce soit. Autrement, ces islamo-gauchistes n’ont aucune influence en milieux afro-américains et aucun apparentement avec la tradition des droits civils des Églises noires. Leurs agendas sont d’un ridicule affligeant en raison de leur inexpérience en matière de gouvernance et de leur méconnaissance des dossiers de politiques publiques. S’ajoute à cela leur rôle essentiel dans la mise au point du mouvement des “démocrates socialistes” qui s’avère à son tour sans aucune consistance. 

Il s’agit d’une simulation grotesque d’un bolchevisme anachronique et entièrement dévalorisé. Le fait de reprendre la rhétorique bolchevique décontextualisée dénote l’inconsistance d’un mouvement bricolé et sans aucun lien avec les réalités du terrain. Ceci est d’autant plus pertinent lorsqu’on récapitule leur programme politique qui projette le démantèlement des institutions politiques américaines, de la constitution fédéraliste et de la charte des droits (Bill of Rights). Ils proposent d'abolir la présidence, la Cour suprême et le Sénat, de supprimer le budget de la police, de libérer tous les prisonniers et d'instaurer une économie de troc…

La LFI succède à l'implosion de la sphère de gauche et à la disparition du récit traditionnel de celle-ci. L'échec brutal du socialisme correspond à l'éclipse conjuguée du discours et de la pratique. Le passé ne sert plus à rien, et les défis de l'avenir sont totalement incompréhensibles. Le logiciel est anachronique et ne correspond en rien à un environnement marqué par des mutations technologiques, socio-économiques et géo-économiques. La déculturation politique et opérationnelle, ainsi que la délinquance du mouvement, font référence à des défaillances intellectuelles, morales et institutionnelles. La jonction effectuée entre la LFI et les islamistes est révélatrice des dynamiques politiques actuelles et atteste les contradictions d'une France en pleine transition. Il s'agit d'un phénomène résiduel instrumenté par un islamisme de subversion.

La récapitulation de ce bavardage nous renvoie à une réalité tout à fait autre. Il s'agit de la remise en cause de la paix civile, ainsi que du démarrage d’un séparatisme islamiste. Il s'agit aussi du questionnement des règles d’une république procédurale. Dans ce cadre, l’adjudication des différences ethniques, culturelles et religieuses s’effectue sur la base d’un socle commun de valeurs politiques et civiques autour desquelles s’organise la dynamique de la vie institutionnelle. S’ajoute à ces facteurs l’instrumentalisation des conflits politiques domestiques au bénéfice des politiques de puissance musulmanes ainsi que de leurs variantes terroristes. 

Il faudrait examiner de manière critique les discours et les manifestations publiques pour percevoir les visées sous-jacentes à cette lame de fond qui traverse la mouvance islamo‑gauchiste et rappeler les antécédents de l'internationale socialiste ainsi que ses multiples variations. L’indistinction statutaire, derrière laquelle s’abritent les énergumènes en question, remet en cause la constitutionnalité de l’exercice du pouvoir. En effet, les paradoxes statutaires de l’imam qui préside à la prière, associés à ceux du maire, font que les administrations publiques se transforment en lieux de culte pour marquer le territoire. La gesticulation désordonnée de Mamdani, qui va dans tous les sens, illustre le manque de clarté dans le débat sur la constitutionnalité de l’exercice du pouvoir. Elle témoigne aussi d'une volonté de se jouer des institutions de manière arbitraire et au service d'une politique islamiste financée et appuyée par des pôles d'influence identifiés.

En outre, A. al-Sayed annonce un programme de conquête systématique des espaces publics et privés, comme si la vie politique en démocratie opérait dans un vide normatif et institutionnel où tout est avalisé tant que cela sert les objectifs de la subversion en question. La transformation de la ville de Dearborn dans l’État du Michigan et de Minneapolis dans le Minnesota en enclave islamiste où la charia prime sur le droit constitutionnel, et où l’extraterritorialité se mue en séparatisme de fait lié aux objectifs politiques du régime iranien, ou de zones de repli au mouvement terroriste des "chababs" en Somalie ne sont pas des syndromes mineurs. Le citoyen lambda se rend compte des risques liés à une immigration musulmane de masse pilotée par les politiques islamistes. Paradoxalement, la conduite de ce candidat au Sénat se départit de toutes normes de constitutionnalité et de respect de l'éthique et de la normativité contraignante de l'État de droit. Ceci est d'autant plus grave qu'il démontre son ignorance et sa désinvolture à l'endroit de l'État de droit. 

Le décryptage de ces mouvements et de leurs liens avec les politiques de puissance islamistes représentées par l'Iran, la Turquie, le Pakistan, l'Arabie saoudite et le Qatar est essentiel. C'est une clé de compréhension des dynamiques transversales de la vie internationale et de ses articulations géopolitiques. Le cas de l'impérialisme musulman s'inscrit parfaitement dans le schéma d'action décrit précédemment, qui est en passe de devenir un paradigme de la scène internationale et de la conflictualité post-westphalienne. La topographie de ce phénomène en pleine mutation est à répertorier.

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