L'Irak vise jusqu'à 10 millions de barils exportés par jour d'ici six ans
Dans un contexte explosif, l’Irak tente de reprendre le contrôle de ses eaux stratégiques. Entre trafics de pétrole, pressions internationales et sécurité régionale, le canal de Khor Abdallah est plus que jamais sous tension. ©HUSSEIN FALEH / AFP

L'Irak, dont les ventes de brut représentent près de 90% des recettes, cherche à augmenter ses exportations pétrolières pour atteindre, d'ici six ans, 8 à 10 millions de barils par jour, a déclaré vendredi le Premier ministre Ali al-Zaïdi.

Membre fondateur de l'Opep, l'Irak a récemment demandé à l'organisation d'augmenter son quota de production après que la guerre au Moyen-Orient lui a infligé de lourdes pertes économiques, notamment depuis la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait la majeure partie de ses exportations de pétrole.

«Nous œuvrons à augmenter la part de l'Irak dans les exportations dans le cadre de l'Opep+ et nous cherchons à atteindre 8 à 10 millions de barils par jour dans six ans», a déclaré M. Zaïdi lors d'un forum organisé à Bagdad.

Avant la guerre, déclenchée par une attaque américano-israélienne contre l'Iran fin février, l'Irak produisait environ quatre millions de barils quotidiennement et en exportait en moyenne 105 millions par mois, principalement depuis Bassora (sud), via le détroit d'Ormuz.

Mais la fermeture du détroit a contraint l'Irak à interrompre la production dans la plupart de ses champs après saturation des capacités de stockage. Le pays a ensuite dû recourir à des exportations limitées par camions-citernes via la Syrie et par oléoduc via la Turquie jusqu'au port de Ceyhan.

Après avoir été brièvement rouvert à la suite de la signature d'un protocole d'accord avec Washington en juin, le détroit a de nouveau vu son trafic restreint par Téhéran après la reprise des hostilités début juillet.

«La fermeture du détroit d'Ormuz constitue un défi majeur», a souligné M. Zaïdi, indiquant que son gouvernement travaillait à «augmenter les exportations de pétrole via le port turc de Ceyhan» et via Baniyas en Syrie et Aqaba en Jordanie.

Après une forte baisse consécutive à la fermeture d'Ormuz, les exportations pétrolières irakiennes sont légèrement remontées à environ 49 millions de barils en juillet, dont plus de 30 millions ont transité par le détroit.

Au cours des deux premières semaines d'août, l'Irak a exporté en moyenne deux millions de barils par jour, son niveau le plus élevé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Si Bagdad dépend largement des recettes en devises issues des ventes de pétrole, les autorités cherchent à diversifier l'économie en portant la part des recettes non pétrolières de 10% à 45% d'ici 2037.

AFP

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