Le président brésilien Lula a affirmé vendredi que le Brésil et les États-Unis reprenaient le dialogue sur les droits de douane imposés par Washington, à la suite d'un appel téléphonique avec Donald Trump.
Washington a infligé en juillet deux vagues de droits de douane à la première économie d'Amérique latine, arguant de supposées pratiques commerciales déloyales. Le sujet s'est imposé dans la campagne pour l'élection présidentielle d'octobre au Brésil.
Lors de la conversation, Luiz Inacio Lula da Silva, qui briguera un quatrième et dernier mandat, a estimé que les «allégations» qui ont motivé la surtaxe américaine sont «infondées», selon un communiqué publié par la présidence brésilienne.
Estimant que ces droits de douane «ont un impact négatif autant pour le Brésil que pour les États-Unis», le président de gauche a dit à son homologue républicain que «rester à la table des négociations est la meilleure option pour les deux pays».
S'exprimant lors d'un déplacement de campagne vendredi dans l'État du Minas Gerais (sud-est), Lula a assuré que les ministres du Commerce des deux pays avaient fixé une date pour une réunion.
La conversation entre les dirigeants, tous les deux âgés de 80 ans, a duré une heure et vingt minutes et s'est déroulée sur un «ton amical et cordial», a souligné Brasilia alors que leur relation est marquée par des hauts et des bas.
Lula a ces derniers temps accusé les États-Unis de chercher à s'ingérer dans la présidentielle d'octobre.
Son principal adversaire sera Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro. L'ancien chef de l'État, actuellement détenu pour tentative de coup d'État, est un allié de Donald Trump.
Selon un sondage de l'institut de référence Datafolha publié vendredi, Lula obtiendrait 47% d'intentions de vote dans l'hypothèse probable d'un deuxième tour, contre 43% au fils Bolsonaro.
«Terreur quotidienne»
Une source du gouvernement brésilien a affirmé que la question électorale n'était pas au menu de la discussion vendredi. Lula a toutefois dit au président américain que le système de vote du Brésil est «fiable», en réponse à une question générale de son interlocuteur sur la compétition électorale, d'après cette source.
Le chef de l'État brésilien a défendu une fois de plus son refus de considérer comme organisations terroristes les deux principales factions du pays, le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC), classées comme telles par Washington en mai.
«Ces groupes criminels exercent une terreur quotidienne sur les populations les plus démunies, mais ils ne se confondent pas avec des organisations terroristes», a-t-il argumenté.
Il a réaffirmé que son gouvernement défend d'autres méthodes pour en finir avec ces factions, comme l'asphyxie financière, et rejeté toute «ingérence».
L'insécurité est la principale préoccupation des Brésiliens à l'approche de l'élection.
Le sénateur Flavio Bolsonaro défend pour sa part un modèle inspiré de la «guerre» contre les gangs lancée par le président salvadorien Nayib Bukele, marquée par des emprisonnements massifs et très critiquée par les défenseurs des droits humains.
Le fils Bolsonaro dit avoir personnellement demandé à Donald Trump, lors d'une rencontre à la Maison Blanche, de désigner le PCC et le CV comme organisations terroristes, quelques jours avant que les États-Unis ne prennent cette décision.
Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 25% sur une série de produits brésiliens en raison de politiques qu'ils jugent préjudiciables au commerce américain, telles que la déforestation et un système de paiement électronique gratuit baptisé PIX.
Les données brésiliennes montrent cependant que la déforestation en Amazonie a diminué dans les 12 derniers mois pour atteindre son niveau le plus bas en une décennie.
Le Brésil a également été touché par une surtaxe distincte visant une soixantaine de pays accusés de recourir au travail forcé.
AFP



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