Le dollar dans l'expectative avant le discours du patron de la Fed à Jackson Hole
Le dollar évolue sans direction claire avant le premier discours de Kevin Warsh en tant que président de la Réserve fédérale à Jackson Hole. ©Patrick T. Fallon / AFP

Le dollar piétine vendredi avant la prise de parole du président de la Réserve fédérale (Fed) Kevin Warsh, dont les investisseurs espèrent qu'il délivrera quelques indices sur le futur des taux d'intérêt américains.

Vers 10H45 GMT (12H45 à Paris), le billet vert grignotait 0,06% face à la monnaie unique européenne, à 1,1646 dollar pour un euro, à peine 0,01% face à la livre britannique, et 0,17% face au yen japonais.

M. Warsh, qui a pris ses fonctions en mai après avoir été désigné par le président Donald Trump, a pourtant posé pour principe de ne pas donner d'indication sur la trajectoire possible de la politique monétaire.

À 14H00 GMT vendredi, il s'exprimera pour la première fois en tant que chef de la Fed à Jackson Hole, à l'occasion de la rencontre des décideurs monétaires qui se tient dans cette vallée du Wyoming chaque année.

«Même s'il n'offre pas de guidage direct sur l'évolution future des taux d'intérêt, chacune de ses déclarations sera examinée de près par les investisseurs, et les changements qu'il envisage pourraient tout de même déclencher de la volatilité sur les marchés», projette Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

En amont de cette prise de parole, le marché table à 64% sur un maintien des taux directeurs de la Fed lors de sa prochaine réunion en septembre, l'autre hypothèse étant un relèvement des taux directeurs, d'après l'outil du CME, FedWatch.

Si le patron de la Fed «reste fidèle à ses principes» et se contente d'aborder «des thèmes économiques plus larges», «l'issue la plus probable serait un léger affaiblissement du dollar, les anticipations de hausse de taux s'amenuisant», spéculent Derek Halpenny et Abdul-Ahad Lockhart, de MUFG.

Les investisseurs semblent cependant s'attendre à ce qu'il fournisse tout de même une sorte de «cadre d'orientation», selon les deux analystes.

Kevin Warsh pourrait adopter «un ton patient face à l'inflation», possiblement pour ne pas freiner le déploiement de l'intelligence artificielle avec des hausses de taux, pense Mme Brooks.

Si c'est le cas, l'analyste estime que le billet vert pourrait en pâtir et les rendements obligataires grimper, «les investisseurs exprimant leurs inquiétudes face à l'accélération de la hausse des prix».

L'inflation en juillet aux États-Unis a en effet surpris à la hausse, à 3,7% sur un an, tandis que l'économie américaine reste solide.

Le véritable scénario surprise serait celui d'un signal explicite sur les perspectives de la politique monétaire américaine, pensent les experts de MUFG.

AFP

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