Israël: un ex-officier de police juif rejoint une liste arabe pour les élections
Le chef du parti arabe israélien Raam («Liste arabe unifiée»), Mansour Abbas (d), et l’homme politique israélien Yoav Segalovitz (g) participent à une conférence de presse à Nazareth, le 31 août 2026. ©Jalaa Marey / AFP

Le chef du parti arabe israélien Raam («Liste arabe unifiée») a annoncé lundi soir le ralliement de l'ancien officier de police Yoav Segalovitz en vue des prochaines élections du 27 octobre, une première en Israël.

«Yoav Segalovitz rejoint la Liste arabe unifiée», a déclaré Mansour Abbas lors d'une conférence de presse à Nazareth (nord). «Ce n’est pas une décision facile, et je ne vous la présente pas comme telle. Mais c’est une décision sérieuse».

«Il existe une histoire difficile entre les Arabes et les Juifs dans ce pays, mais il existe aussi un avenir commun, dans tous les domaines de la vie», a affirmé Yoav Segalovitz, présent à ses côtés.

«Est-il possible de créer une coopération politique entre des personnes aussi différentes ? Je pense que oui (...), sur la base de la confiance, de la reconnaissance de nos différences et d'un engagement dans une action commune», a-t-il ajouté.

Les derniers sondages donnent entre 5 et 6 sièges (sur 120) au parti Raam.

Ancien responsable de la lutte contre la corruption puis de la division des Renseignements au sein de la police israélienne, Yoav Segalovitz a été membre du parti centriste Yesh Atid de Yaïr Lapid, actuel chef de l'opposition.

Elu à la Knesset en 2019, il avait été nommé deux ans plus tard vice-ministre de la Sécurité nationale dans les gouvernements de coalition de Naftali Bennett (droite) puis de Yaïr Lapid (centre).

Mansour Abbas, chef du parti islamiste modéré Raam, avait alors apporté un soutien inédit à ces gouvernements, obtenant la promesse d'un plan quinquennal chiffré en milliards de shekels pour soutenir l'importante minorité arabe d'Israël, composée des descendants de Palestiniens restés sur leurs terres à la création de l'État israélien en 1948.

Beaucoup d'Arabes israéliens avaient considéré cet accord de coalition comme une trahison, et de nombreux électeurs juifs avaient reproché à Naftali Bennett cette alliance.

Le Likoud, parti du Premier ministre Benjamin Netanyahou, a réagi dans un communiqué affirmant que "même Segalonvitz ne pourra pas dissimuler le fait que Mansour Abbas refuse de reconnaître le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes et pousse à la création d’un État palestinien".

AFP

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