La Mostra de Venise déroule le tapis rouge à George Clooney pour sa soirée d'ouverture
L’acteur et réalisateur américain George Clooney pose lors d’un photocall à la 83ᵉ Mostra internationale du cinéma de Venise, au Lido de Venise, le 2 septembre 2026. Clooney recevra aujourd’hui un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière lors de la cérémonie d’ouverture du festival. ©Tiziana Fabi / AFP

La 83ᵉ édition de la Mostra de cinéma de Venise s'ouvre mercredi en présence de George Clooney, rare représentant d'Hollywood dans un festival qui fait cette année la part belle aux films indépendants.

Habitué du Lido, la mégastar de 65 ans recevra un prix pour l'ensemble de sa carrière. Avec Robert Pattinson, il fait presque figure d'exception dans un festival pourtant considéré comme une rampe de lancement pour les Oscars mais boudé par les grands studios hollywoodiens.

Mais si le plus ancien festival de cinéma au monde manque de blockbusters, plusieurs films sont consacrés à des figures charismatiques, à l'instar d'Elon Musk, de Rupert Murdoch ou encore des frères Gallagher du groupe Oasis.

Se déroulant jusqu'au 12 septembre, la Mostra propose une sélection solide de productions indépendantes, dont le seul documentaire en compétition officielle, «Naza» des Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, qui dévoile en détail «les systèmes derrière le massacre calculé de civils palestiniens à Gaza par Israël».

Le journaliste d'investigation et la cinéaste, l'une des deux seules femmes réalisatrices en compétition, ont déjà remporté un Oscar pour «No Other Land» en 2024, qui documentait le déplacement par Israël d'une communauté palestinienne en Cisjordanie.

D'autres documentaires sur le conflit israélo-palestinien seront présentés hors compétition, à l'instar de «Citizen Osama», sur un photojournaliste à Gaza, et de «Road to Jericho» de l'Israélien Amos Gitai.

Polémique en Ukraine

«Il n'y a pas moins de quatre films qui abordent la question palestinienne et la situation actuelle en Iran, et il ne peut donc y avoir aucun doute sur notre position par rapport à ce sujet», a souligné mardi le directeur artistique Alberto Barbera, dont le festival a été visé l'an dernier par un collectif pour son manque d'engagement en faveur de la cause palestinienne.

Tancée pour la quasi-absence de femmes réalisatrices en compétition, la Mostra a aussi essuyé des critiques pour avoir programmé «Dau», du réalisateur Ilya Khrzhanovsky.

Ce film, consacré à la vie du prix Nobel de physique Lev Landau, père de la bombe atomique soviétique, est entouré d'une aura de scandale pour ses conditions de tournage jugées dégradantes, notamment pour les actrices, entre 2008 et 2011 à Kharkiv en Ukraine.

Le ministère de la Culture ukrainien a également dénoncé un projet lié à des intérêts russes et des oligarques comme l'homme d'affaires Sergueï Adoniev, qui fait l'objet de sanctions en Europe et aux Etats-Unis. La Mostra a défendu le film, en insistant sur le statut d'exilé de son réalisateur qui a renoncé à sa nationalité russe et est un opposant politique de longue date à Vladimir Poutine.

En ouverture du festival mercredi soir sera projeté «Ink», film retraçant l'histoire du tabloïd The Sun et de son propriétaire Rupert Murdoch.

Films français à l'honneur

Robert Pattinson incarnera lui un présentateur télé sans scrupule dans «Primetime», inspiré par Chris Hansen, le créateur du programme «To Catch a Predator».

Les grandes avant-premières hollywoodiennes qui ont été la marque de fabrique de la Mostra ces dernières années seront absentes, une tendance déjà observée dans les deux autres grands festivals européens, Berlin et Cannes.

Fera exception le documentaire «Don't Look Back in Anger» produit par Disney et présenté hors compétition, qui retrace la tournée de retour l'an dernier du mythique groupe de britpop Oasis formé des frères Liam et Noel Gallagher, lesquels devraient être présents sur le tapis rouge samedi.

Elon Musk, auquel le cinéaste américain Alex Gibney consacre un documentaire de 3 heures 45, lui aussi hors compétition, devrait en revanche se tenir éloigné des projecteurs du Lido. Le milliardaire l'avait qualifié d'oeuvre «à charge», au moment de l'annonce du film réalisé par le documentariste oscarisé.

Centré cette année sur des films d'auteur à moindre budget, le festival accorde une place de choix au cinéma français avec quatre longs-métrages en lice.

Florian Zeller («Father») est très attendu avec son thriller «Bunker» mettant en scène le couple star espagnol Javier Bardem et Penélope Cruz.

Cédric Kahn présentera lui «15/18», une plongée dans le quotidien d'une unité de soins pédopsychiatriques. Nicolas Pariser («Alice et le maire») viendra défendre «Un peu avant minuit» avec Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni et Golshifteh Farahani, et Stéphane Brizé («La Loi du marché») proposera une nouvelle radiographie du capitalisme contemporain et de ses travers avec «Un bon petit soldat».

Cinq longs-métrages de réalisateurs italiens sont également en compétition, dont «Succederà questa notte» marquant le retour à Venise de Nanni Moretti, avec Louis Garrel, ou encore «The Echo Chamber» d'Andrea Pallaoro avec Susan Sarandon, la star de «Thelma et Louise».

AFP

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