Premier accord à l'ONU sur les armes autonomes
Des participants assistent au débat des six candidats au poste de secrétaire général des Nations unies dans la salle de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le 23 juillet 2026. ©Leonardo Munoz / AFP

Après plusieurs années de discussions, près de 130 pays ont trouvé samedi un premier accord à l'ONU sur un texte définissant les armes autonomes, une première étape avant d'éventuelles négociations en vue d'un traité international.

Ces discussions, menées par le groupe d'experts gouvernementaux (GGE) sur les systèmes d'armes létales autonomes, se sont tenues cette semaine à Genève et ont abouti dans la nuit de vendredi à samedi.

«Des nouvelles positives en provenance de Genève: 128 États sont parvenus à un consensus au sein du GGE sur les systèmes d'armes létales autonomes (SALA)», a annoncé samedi le ministre néerlandais des Affaires étrangères Tom Berendsen, dont le pays préside les discussions.

«Alors que la technologie militaire évolue rapidement, cela marque une étape importante dans la réglementation de ces systèmes», a-t-il ajouté sur X.

Le développement et l'emploi d'armes capables de sélectionner des cibles et d'exercer la force contre elles sans intervention humaine sont en plein essor. «La mise au point et l'utilisation de systèmes d'armes autonomes en dehors d'un cadre restrictif clair soulèvent de graves questions juridiques, éthiques et humanitaires», selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Comme plusieurs organisations de la société civile, le CICR appelle les États à adopter «des règles juridiquement contraignantes qui interdisent les armes autonomes imprévisibles et celles qui sont conçues et utilisées pour exercer directement la force contre des personnes», ainsi qu' à «réglementer strictement la conception et l’utilisation de toutes les autres armes autonomes».

Au sein de l'ONU, les États discutent des armes autonomes dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) depuis plus d'une décennie. Alors que le mandat du groupe d'experts gouvernementaux a pris fin cette semaine, les pays ont réussi à se mettre d'accord sur un texte énonçant des principes de base, qui n'a toutefois pas encore été publié.

Nicole van Rooijen, directrice exécutive de la coalition internationale Stop Killer Robots, a suivi de près les discussions qui ont fini à 3h du matin (01H00GMT).

Le document adopté samedi «donne une définition des armes autonomes, alors qu'aucune définition n'avait encore fait l'objet d'un accord entre tous les États. Il aborde également la manière dont le droit international humanitaire doit s'appliquer à ces armes et affirme la nécessité d'un contrôle humain significatif sur ce genre d’armes. C'est le point majeur», a-t-elle expliqué à l'AFP.

Lors de la conférence d'examen de la CCAC en novembre, les États pourront décider de la suite à donner au rapport, notamment du lancement ou pas de négociations pour élaborer un traité établissant des règles de conduite et d'utilisation de ces armes.

AFP

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