Yémen: plus de 140 morts depuis samedi dans les affrontements entre houthis et forces gouvernementales
Des forces loyales au gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite se tiennent près d’un pick-up dans le district de Hays, au sud de Hodeida, le 5 septembre 2026. ©Khaled Ziad / AFP

Des affrontements entre les forces progouvernementales yéménites et les Houthis pro-iraniens dans le sud-ouest du Yémen ont fait plus de 140 morts entre samedi midi et dimanche matin, ont indiqué à l'AFP des sources au sein des deux camps.

Ce bilan porte à plus de 300 le nombre de morts depuis l'offensive lancée jeudi par les Houthis et visant à garder le contrôle de l'accès à la mer Rouge. Les affrontements, qui ont tué une majorité de combattants et quelques civils, sont les plus meurtriers depuis des années dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, dévasté par une guerre entre 2014 et 2022.

Le cessez-le-feu conclu alors a volé en éclats en juillet dernier.

Deux responsables militaires des forces soutenues par l'Arabie saoudite ont fait état de 84 soldats morts dans leurs rangs, principalement dans des attaques à la roquette, tandis que 57 rebelles ont été tués sur la même période, selon quatre sources côté houthi.

Un responsable militaire du gouvernement réfugié à Aden (sud), a indiqué à l'AFP que les combats avaient diminué d'intensité tôt dimanche matin.

Les forces gouvernementales «ont réussi à établir des positions» à moins de 30 kilomètres à l'intérieur des terres depuis la côte de la mer Rouge, a-t-il indiqué, les Houthis ayant toutefois progressé, selon lui, à l'ouest de la ville de Taëz dans leur avancée en direction du détroit de Bab el-Mandab.

L'offensive terrestre des Houthis, appuyée par des tirs de roquettes et des attaques de drones, vise à s'emparer des zones bordant ce détroit pour consolider leur contrôle de cette voie maritime stratégique.

Le passage, qui permet de relier l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

En juillet, le Yémen a replongé dans la guerre, devenant le dernier pays en date à être entraîné dans le conflit régional déclenché par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran fin février.

Des frappes attribuées à Ryad avaient alors visé l'aéroport de Sanaa, aux mains des Houthis, où l'Iran avait envoyé un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation du royaume saoudien, qui contrôle l'espace aérien yéménite.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut et allié du gouvernement yéménite, et commencé à viser ses navires pétroliers et des infrastructures de son territoire, notamment une raffinerie.

AFP

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