Donald Trump a menacé lundi de s'en prendre aux ventes de l'avionneur canadien Bombardier, à quelques heures de l'entrée en vigueur de surtaxes canadiennes touchant une série de produits américains, en plein conflit commercial entre les deux voisins.
«Plus de ventes de Bombardier aux États-Unis», s'est exclamé le président américain sur son réseau Truth Social, sans préciser comment il entendait atteindre ce résultat. «S'ils veulent notre marché, ils doivent construire ici et arrêter de traiter l'Amérique comme une tirelire», a-t-il ajouté.
En janvier, il avait déjà agité la menace de retirer la certification d'avions fabriqués au Canada, en particulier des jets Bombardier, et d'imposer des droits de douane de «50% sur tous les aéronefs vendus aux États-Unis», mécontent que des certifications soient «refusées» à des avions américains par Ottawa.
Depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump en janvier 2025, le Canada est en première ligne de la guerre commerciale lancée par le président républicain, qui répète vouloir faire de son voisin septentrional le «51ᵉ État» américain.
Quelques heures avant ses menaces contre Bombardier, il avait d'ailleurs publié sur Truth Social une carte sur laquelle le drapeau américain couvre l'ensemble de l'Amérique du Nord, le Mexique et les Caraïbes, ainsi que le Groenland, territoire autonome danois qu'il souhaite rattacher aux États-Unis, et l'Islande.
Les droits de douane canadiens de 15, 25 ou 50% qui doivent entrer en vigueur mardi touchent environ 20 milliards de dollars de produits américains, de l'acier aux produits laitiers en passant par l'électronique ou la pâte à papier. Un montant correspondant «au dollar près», selon Ottawa, à celui des produits canadiens visés depuis le 22 août par des surtaxes américaines de 50%.
Le conflit commercial entre les deux voisins a atteint un niveau sans précédent depuis la rupture le 21 août par le Premier ministre canadien Mark Carney des négociations avec la Maison Blanche.
L'ancien banquier central a accusé les États-Unis d'avoir voulu imposer un accord «injuste» et d'avoir in fine pour objectif de faire du Canada une «filiale» et de «détruire» son industrie, notamment automobile.
AFP



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