La présence de responsables serbes aux funérailles du criminel de guerre serbe Ratko Mladic est «profondément regrettable», ont averti mardi les présidents du Conseil européen Antonio Costa et de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Cela démontre «un refus d'affronter un sombre chapitre de l'histoire récente de l'Europe et contredit les valeurs qui sous-tendent le chemin de la Serbie vers l'Union européenne», ont affirmé les deux dirigeants européens sur X, qualifiant de «choquantes» les images des obsèques du général serbe, devenu symbole des atrocités en Bosnie.
La Serbie a présenté en 2009 une demande pour rejoindre l'UE et s'est vu accorder le statut de pays candidat à l'adhésion en mars 2012. Mais les discussions piétinent en raison de réformes jugées insuffisantes en matière d'État de droit ainsi que des tensions persistantes avec le Kosovo.
La commissaire européenne Marta Kos, en charge de l'élargissement, a annulé vendredi une visite en Serbie, pointant du doigt dans ce pays la «glorification» de l'ancien général, qui a été condamné en 2017 par un tribunal international pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Les critiques n'ont pas empêché des milliers de personnes de lui faire leurs adieux lundi pendant ses funérailles à Belgrade, en présence de plusieurs responsables serbes.
La cérémonie s'est déroulée dans la petite église Saint-Luka plutôt que dans la grande église Saint-Sava, où sont habituellement organisées les funérailles nationales.
Plusieurs ministres serbes, dont ceux de la Défense, Bratislav Gasic, et de la Justice, Nenad Vujic, étaient toutefois présents dans l'église Saint-Luka, tout comme l'ambassadeur russe à Belgrade.
Ont aussi assisté à ces funérailles plusieurs hauts dirigeants de la Republika Srpska (RS), l'entité serbe de Bosnie, dont le président Sinisa Karan ainsi que son prédécesseur Milorad Dodik.
Le ministre serbe de la Justice avait d'abord annoncé des «honneurs militaires et d'État» pour Mladić -- suscitant l'indignation internationale -- avant que le président du pays, Aleksandar Vucic, ne tempère cette décision. Il a également rejeté les accusations de «glorification» en Serbie de celui qui a été surnommé le «boucher des Balkans».
Mme von der Leyen a prévu de faire prochainement une tournée dans les Balkans, où plusieurs pays sont candidats à rejoindre l'UE, sans que l'on sache encore si elle fera étape à Belgrade.
AFP