Quatre œuvres dérobées au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer pour 9 millions d'euros
Des policiers patrouillent devant l'entrée du musée Renoir après le vol de quatre tableaux, d'une valeur de neuf millions d'euros, commis lors d'un cambriolage survenu tôt le matin ; deux suspects sont toujours en fuite, à Cagnes-sur-Mer, le 8 septembre 2026. ©VALERY HACHE / AFP

À l'aube mardi, deux voleurs ont dérobé quatre œuvres d'art du musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, sur la Côte d'Azur, en abandonnant une dans leur fuite, pour un préjudice estimé à 9 millions d'euros, un cambriolage qui relance la question de la sécurisation des musées français.

Les voleurs sont activement recherchés et une enquête a été ouverte par le parquet de Grasse (sud-est). Le maire de la ville, Bryan Masson, doit donner davantage de détails lors d'une conférence de presse à 10H00 (08H00 GMT).

«Repérés grâce aux caméras de vidéoprotection de la ville, les deux individus ont pris la fuite, abandonnant dans leur course l'un des tableaux dérobés», a-t-il expliqué dans un communiqué.

«L'alarme du musée s'est déclenchée à 05H48 (locales, 03h45 GMT). À 05H53 (03h53 GMT), soit cinq minutes plus tard, notre police municipale était sur place», a précisé l'élu d'extrême droite.

Ce musée municipal est aménagé dans une villa située sur les hauteurs de Cagnes-sur-Mer, non loin de Nice, qui appartenait au peintre impressionniste Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) et où il a vécu les dernières années de sa vie.

«S'attaquer au musée Renoir, c'est s'attaquer à une part de l'histoire et du patrimoine de Cagnes-sur-Mer», a dénoncé M. Masson.

Ce vol a eu lieu près d'un an après le casse retentissant au sein du Louvre, le musée le plus fréquenté au monde, en plein Paris, au cours duquel les huit joyaux de la Couronne de France ont été dérobés dans la galerie d'Apollon, dont le diadème de l'impératrice Eugénie, retrouvé plus tard très endommagé. Un préjudice estimé à 88 millions d'euros, selon le musée.

Plusieurs précédents

Depuis, le ministère français de la Culture a fait de la sécurité des musées une priorité, que l'actualité se charge régulièrement de rappeler.

Fin juillet, un collier en or appartenant au Trésor de Vix, datant de l'époque celte et enfoui il y a 2.500 ans en Bourgogne, dans l'est de la France, avait été dérobé en pleine matinée dans un musée de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), déjà visé par deux précédentes tentatives de cambriolage.

Début juillet, au nord de Strasbourg (est), des voleurs avaient également mis la main sur des pièces de joaillerie au musée Lalique de Wingen-sur-Moder. Préjudice estimé: plus de 4,5 millions d'euros.

Dans un plan de 33 mesures dévoilé en juillet, le ministère de la Culture recommande notamment de retirer temporairement certaines pièces des vitrines.

Il s'agit de «mettre à l'abri, dans des lieux adaptés qui seront identifiés pour chaque département, les objets les plus vulnérables dans l'attente de la sécurisation de leur présentation», avait-il expliqué dans un communiqué.

Les vols de tableaux, souvent découpés au cutter, sont plus rares car plus difficiles à revendre.

Vol record en 1990

L'un des plus retentissants remonte à mars 1990 lorsque treize œuvres d'art - dont trois Rembrandt, un Vermeer, trois Degas et un Manet -, estimées à 500 millions de dollars, avaient été dérobées au musée Gardner de Boston (États-Unis). En mars 2013, les autorités avaient annoncé avoir identifié les auteurs du vol, mais trop tard pour les poursuivre, alors que les toiles n'ont jamais été retrouvées.

Le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer a été créé en 1960 dans une villa arborée que le peintre avait fait construire à la fin du XIXe siècle, y séjournant en hiver pour y soigner une polyarthrite rhumatoïde, une maladie handicapante et douloureuse.

Aujourd'hui, outre le mobilier originel, le musée expose des objets, des meubles ayant appartenu à Renoir, dont son chevalet et son fauteuil roulant, ainsi qu'une douzaine de peintures originales: des portraits, des paysages et des nus, selon le site du musée.

Attirés par la lumière, les paysages et la douceur du climat méditerranéen, plusieurs grands artistes se sont installés en Provence et sur la Côte d'Azur pour des séjours réguliers depuis la fin du XIXe siècle, y puisant l'inspiration, comme Henri Matisse et Marc Chagall à Nice ou Pablo Picasso à Antibes et Vallauris.

AFP

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