La justice israélienne a rejeté mardi un recours visant à stopper l'avancement d'un vaste projet de colonisation en Cisjordanie vivement décrié par des ONG et des pays occidentaux, selon la décision du tribunal consultée par l'AFP.
«Le tribunal de district de Jérusalem a rejeté une requête en urgence déposée par les requérants en vue d'obtenir une injonction provisoire» visant à suspendre un appel d'offres pour le projet de colonisation E1 à proximité de Jérusalem, a indiqué la cour dans sa décision.
À la publication de cet appel d'offres au mois de juillet, plusieurs ONG dont «La paix maintenant» avaient saisi la justice pour l'invalider, et plusieurs pays européens avaient appelé Israël à y renoncer.
Dans son arrêt, le juge chargé de l'affaire a estimé que le projet n'entraînait aucun changement irréversible à court terme, la procédure d'appel d'offres et les autorisations nécessaires devant s'étaler sur une longue période.
Selon lui, les tribunaux auront le temps de statuer définitivement sur le fond du dossier bien avant le début des travaux sur le terrain, d'autant que les autorités se sont engagées à informer les candidats à l'appel d'offres du dépôt de tout recours supplémentaire.
Les trois organisations à l'origine de la procédure ont, elles, estimé, dans un communiqué commun, que cette décision «sert les intérêts du gouvernement», en pleine période électorale, et lui permet de «créer une nouvelle réalité sur le terrain, qui engendrera une situation destructrice qu'il sera extrêmement difficile de renverser».
Les ONG préviennent que «l'avancement de l'appel d'offres (...) précipitera des actions de nettoyage ethnique dans la zone couverte par le plan, avec des conséquences désastreuses pour les milliers de Palestiniens qui y vivent».
En juillet, le ministère israélien du Logement avait ouvert un appel d'offres pour la construction de plus de 1.200 logements dans le cadre du projet dit E1, jouxtant la colonie de Maale Adumim proche de Jérusalem.
Ce plan, approuvé par Israël l'an dernier après plusieurs décennies de gel, notamment sous la pression des administrations américaines successives, isolerait davantage Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël et majoritairement peuplée de Palestiniens, du reste de la Cisjordanie.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967, où plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies aux côtés de quelque trois millions de Palestiniens.
AFP



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