Ormuz: de probables nappes d'hydrocarbures visibles après des frappes américaines
Cette image satellite obtenue à partir des données Copernicus Sentinel 2026 le 10 septembre 2026 et prise le 9 septembre 2026 montre une vue générale de traces de possibles fuites de pétrole à environ 20 kilomètres au large des côtes iraniennes, dans le golfe d’Oman, selon une analyse de l’AFP confirmée par des experts. © - / 2026 COPERNICUS SENTINEL DATA / AFP

Des images satellites récentes, analysées jeudi, montrent de probables nappes d'hydrocarbures près du détroit d'Ormuz après des frappes américaines contre des pétroliers accusés d'être liés aux Gardiens de la Révolution iraniens.

Un cliché du programme européen Copernicus pris mercredi montre des traînées brunâtres à la surface de l'eau à une vingtaine de kilomètres des côtes iraniennes, à l'est de ce passage stratégique très surveillé par Téhéran depuis le début de la guerre.

Une image Copernicus du même endroit prise jeudi fait apparaître des tâches sinueuses de longueurs similaires.

Il s'agit très probablement de nappes d'hydrocarbures, selon une analyse AFP des images et plusieurs chercheurs et experts interrogés, dans une zone à proximité de récifs coralliens et de sites inscrits sur la liste Ramsar des zones humides d'importance internationale.

Les images satellites seules ne suffisent pas pour déterminer avec certitude la présence d'hydrocarbures, ni leur origine précise. Mais de «forts indices» laissent penser qu'il s'agit de «pollution probablement laissée par des bateaux», a indiqué à l'AFP Vincent Kerbaol, responsable des activités de surveillance maritime par satellite pour la société française CLS.

Les structures observées sur ces images «sont très probablement des nappes d'hydrocarbures», a également assuré à l'AFP Leon Moreland, chercheur à l'Observatoire du conflit et de l'environnement (CEOBS), une ONG basée au Royaume-Uni.

Son évaluation repose sur l'apparence visuelle, leur morphologie et leur dispersion, ainsi que sur l'absence d'indices d'une prolifération de phytoplancton ou d'algues, a-t-il expliqué.

Skytruth, une ONG américaine de surveillance environnementale, estime également que la présence d'hydrocarbures est probable.

S'il s'agit de carburants avec «une certaine volatilité», les nappes «pourraient s'évaporer en trois ou quatre jours», explique M. Kerbaol, contrairement à du pétrole brut, plus tenace.

Deux des traces détectées commencent précisément là où les pétroliers Riesco et Kylo ont émis leurs derniers signaux avant d'être coulés, respectivement les 8 et 5 septembre.

L'armée américaine a annoncé avoir détruit cinq pétroliers le 8 septembre, dont quatre se trouvaient dans le Golfe d'Oman, en réponse à des attaques aux missiles balistiques des Gardiens, l'armée idéologique de Téhéran, contre un navire de guerre américain.

Ciblé par les États-Unis, le Riesco, un pétrolier de 240 mètres de long, a coulé après avoir pris feu, selon des images diffusées par l'armée américaine sur X.

«Compte tenu de la localisation et la chronologie», le Riesco pourrait «probablement» être parmi une source de pollution, a ajouté M. Moreland.

Le dernier signal du bateau disponible sur le site de suivi maritime Marinetraffic date de mardi à 22h00 GMT précisément à une extrémité de la nappe la plus proche des côtes.

AFP

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