Des Syriens ont manifesté lundi pour le deuxième jour consécutif contre le gouvernement dans le nord et l'ouest du pays, à la suite d'une hausse drastique des prix des carburants due au conflit au Moyen-Orient, ont rapporté des correspondants de l'AFP.

Il s'agit des premières manifestations de ce genre depuis la prise du pouvoir en décembre 2024 par une coalition islamiste qui a renversé Bachar al-Assad. Sous Assad, les manifestations étaient interdites et un soulèvement populaire avait été réprimé dans le sang.

Un correspondant de l'AFP a vu des manifestants rassemblés à la sortie de la ville de Maaret al-Noomane, dans la province d'Idleb (nord-ouest), où la route principale a été brièvement coupée à l'aide de pneus enflammés.

«Nous voulons qu'ils ramènent le prix des carburants à leur niveau précédent. L'hiver approche, comment ce pauvre peuple va-t-il vivre et se chauffer?», a affirmé à l'AFP Fateh Hamcho, un chauffeur de taxi de 67 ans.

D'autres manifestations se sont déroulées à Hassaké dans le nord-est, Atareb et Azaz dans le nord, et Khan Cheikhoun dans l'ouest du pays, selon des correspondants de l'AFP.

Les autorités syriennes avaient annoncé dimanche une majoration des prix des carburants, provoquant déjà des manifestations.

Les prix de l'énergie ont fortement progressé depuis le déclenchement par les États-Unis d'une guerre contre l'Iran, Téhéran ayant notamment riposté en bloquant le détroit d'Ormuz, axe maritime majeur pour le transport de pétrole et de gaz.

Le prix du diesel est passé de 125 livres syriennes (SYP, soit un dollar environ) à 175 SYP, en hausse de 40%  et le prix de l'essence a été majoré de 26%.

Selon l'ONU, 90% des Syriens vivaient sous le seuil de pauvreté fin 2024 dans le pays, où le salaire minimum dépasse légèrement les 100 dollars.

Le Parlement syrien doit auditionner jeudi le ministre de l'Énergie, Mohammad al-Bachir, au sujet de cette hausse des prix des carburants.

S’exprimant à la télévision d’État, le chef du département médias du ministère de l’Énergie, Abdul Hamid Salat, a déclaré dimanche que cette mesure était «temporaire», soulignant que la Syrie importe environ 74% de ses besoins en diesel et 81% de l'essence.

La Syrie, dévastée par une longue guerre civile, ne produit plus qu'environ 100 000 barils de pétrole par jour, bien en deçà de la demande locale qui est entre 300 000 et 325 000 bj, selon lui.

AFP