Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a affirmé mardi avoir évoqué avec Berlin et Paris l'exportation de pétrole vers l'Europe, alors que Bagdad cherche à diversifier ses routes et à réduire sa dépendance au stratégique détroit d'Ormuz.
«Nous voulons élargir et diversifier nos routes d'exportation», a déclaré le Premier ministre irakien lors d'une conférence de presse à Berlin avec le chancelier allemand Friedrich Merz.
«L'Irak ne peut pas rester otage d'un seul corridor», a-t-il ajouté, en référence à la situation dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce d'hydrocarbures que l'Iran verrouille en représailles aux frappes américaines et israéliennes, faisant bondir les prix du pétrole.
Ali al-Zaidi a indiqué que l'Irak et l'Allemagne devraient parvenir à «un accord sur l'exportation de pétrole brut», tandis que Bagdad achèterait des technologies et des équipements allemands.
Selon Friedrich Merz, Berlin devait signer mardi «un accord sur l'approvisionnement de l'Irak en électricité».
Le gouvernement irakien a également convenu lundi avec la France, à l'issue d'une rencontre avec le président Emmanuel Macron à Paris, «d'engager des discussions sur plusieurs projets énergétiques», selon une déclaration conjointe.
Les ventes de pétrole brut représentent près de 90% des recettes de l'Irak, mais ses exportations ont été lourdement affectées par la guerre au Moyen-Orient, qui a paralysé le détroit d'Ormuz.
Avant le début du conflit en février, l'Irak produisait environ quatre millions de barils par jour et exportait en moyenne 3,4 millions de barils par jour, principalement via le détroit d'Ormuz.
Le pays, qui vendait majoritairement son pétrole brut en Asie - Chine et Inde en tête - a commencé à en exporter par camions-citernes via la Syrie, ainsi que par oléoduc jusqu'au port turc de Ceyhan.
Ali al-Zaidi a assuré que Bagdad pourrait «doubler ses exportations de pétrole via la Méditerranée» afin d'approvisionner les marchés en Europe et aux États-Unis.
Le Premier ministre, qui espère porter la production pétrolière de l'Irak à 10 millions de barils par jour, a indiqué «qu'une large part, ou près de la moitié, pourrait être destinée aux pays européens et à l'Occident».
AFP