La diplomate équatorienne Ivonne A-Baki, candidate pour le poste de secrétaire général de l'ONU, a plaidé mercredi pour une réglementation de l'intelligence artificielle comparable à celle des armes nucléaires, avertissant qu'une troisième guerre mondiale pourrait être menée à l'aide de cette technologie.
«Nous sommes au bord de la troisième guerre mondiale (...) et elle est encore plus dangereuse. Cette fois, il ne s'agira pas seulement de la menace nucléaire, mais de l'IA aussi», a-t-elle déclaré à l'AFP.
«Les choses les plus importantes pour l'humanité aujourd'hui sont l'absence de nucléaire et la réglementation de l'IA», a ajouté celle dont la candidature a été portée auprès de l'ONU par les Tonga.
«Si nous ne mettons pas de régulation en place, cela créera un fossé énorme (...) il faut donc le faire dès maintenant. Il faut sensibiliser à la question», a-t-elle dit, affirmant que «tout le monde sait désormais que l'IA est un problème».
Les appels à mieux encadrer le développement de l'intelligence artificielle se multiplient ces derniers jours après une série de mises en garde alarmantes de nombreux dirigeants du secteur.
Cette question devrait dominer la semaine de discussions entre les différents dirigeants réunis la semaine prochaine à New York pour les réunions de haut niveau de l'Assemblée générale de l'ONU.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, sur le départ, a jugé mercredi «indispensable» une «coordination mondiale» sur l'IA.
Selon Ivonne A-Baki, l'humanité ne «contrôle pas» le développement de l'IA car «nous en dépendons au lieu d'être ceux qui la créent de manière indépendante».
OpenAI, Anthropic et Google DeepMind ont annoncé mardi qu'ils travaillaient à la création d'un organe de supervision des risques liés à l'IA.
L'Équatorienne prône elle un accord entre les deux superpuissances américaines et chinoises sur l'avenir de cette technologie pour protéger l'humanité.
Ses liens avec Donald Trump, noués au cours de plusieurs mandats en tant qu'ambassadrice de Quito aux États-Unis, pourraient l'aider à se démarquer au sein des huit candidats en lice pour diriger l'ONU. La prochaine étape de sélection se tiendra vendredi.
«Je suis très amie avec le président Trump (...) il sera important pour les Nations unies, je pense qu'il aime les Nations unies», a-t-elle dit. «Ce qu'il constate, c'est que ce n'est pas efficace pour empêcher les guerres».
AFP