Des affrontements meurtriers ont fait cinq morts jeudi entre les Houthis du Yémen et l'Arabie saoudite, quelques jours après l'offensive éclair des Houthis sur la mer Rouge.
Les Houthis, au pouvoir dans une partie du Yémen, contrôlent désormais tout le littoral du pays sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.
Alors que les forces gouvernementales, soutenues par l'Arabie saoudite, tentent de regagner le terrain perdu, leurs bombardements ont tué quatre personnes, dont trois enfants, et ciblé trois tours de télécommunication dans la province de Taëz (sud-ouest).
En Arabie saoudite, une personne a été tuée après la chute de débris lors de l'interception d'un drone dans la province de Taëf, pour la première fois depuis la reprise des hostilités en juillet.
«L'incident a fait un mort, de nationalité yéménite, et blessé une Saoudienne et un Pakistanais, qui se trouve dans un état critique», a annoncé la Défense civile saoudienne, précisant que plusieurs bâtiments et véhicules avaient également été endommagés.
Elle a diffusé de rares images, sur lesquelles on peut voir des secouristes inspectant une habitation éventrée et aux murs criblés d'impacts, ainsi qu'une voiture dont la lunette arrière a été soufflée.
Riyad sous pression
Depuis leur offensive éclair, les Houthis rapportent tous les jours des dizaines de frappes menées en riposte par Riyad.
Leur prise de contrôle du littoral a engendré des craintes à l'international, le transport maritime mondial étant déjà fortement impacté par le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
Une fermeture de Bab el-Mandeb serait «catastrophique», avait résumé la diplomatie qatarie.
Les Houthis assurent eux qu'il n'existe aucune menace pour la navigation dans le couloir maritime, sauf pour les navires de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.
Les frappes des Houthis en Arabie saoudite ont surtout ciblé des intérêts pétroliers en Arabie saoudite.
Mais mercredi, Riyad a accusé le mouvement pro-iranien d'avoir visé la Mecque, une attaque «lâche» sur cette ville sainte de l'islam qui accueille chaque année des millions de pèlerins, sunnites comme chiites.
L'annonce a provoqué un vif émoi dans le monde arabe et musulman.
Les Houthis ont vivement démenti, leur porte-parole maintenant qu'ils ne visaient que des installations pétrolières et des bases militaires, «éloignées des sites sacrés».
Ils ont notamment revendiqué mercredi une attaque contre une installation du géant saoudien Aramco à Yanbu, sur la mer Rouge, une autre contre la base aérienne de Khamis Mushait, et affirmé avoir abattu un avion de chasse saoudien.
Frappée sur son sol et menacée en mer, d'un côté par les Houthis en mer Rouge, de l'autre par l'Iran dans le Golfe, l'Arabie saoudite est sous pression, avec des conséquences majeures pour l'économie mondiale.
Le pétrole est repassé la semaine dernière au-delà du seuil des 100 dollars avec cette nouvelle crise. Mercredi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, évolue autour de 104 dollars.
La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les Houthis ont défié le contrôle de Ryad sur l'espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.
Le conflit qui ravage le pays le plus pauvre de la péninsule arabique a contraint plus de 100 000 personnes à fuir leur foyer, selon les Nations unies.
AFP