Le Parlement européen a approuvé jeudi une résolution de la droite, avec le soutien de l'extrême droite, appelant l'Espagne et le Maroc à accélérer l'expulsion des étrangers entrés à Ceuta en juillet et n'ayant pas le droit de rester en Europe.
La résolution votée, qui n'a pas de portée contraignante, «condamne avec la plus grande fermeté les franchissements illégaux massifs de la frontière vers Ceuta, à partir du Maroc, par voie terrestre et maritime, ainsi que l'instrumentalisation de la migration irrégulière en tant qu'outil de guerre hybride contre l'intégrité territoriale d’un État membre».
Elle «invite instamment l'Espagne et le Maroc à accélérer leur coopération en matière de retour et de réadmission de tous les migrants en situation irrégulière» arrivés fin juillet dans la ville espagnole frontalière du Maroc.
Déposée par le Parti populaire européen (PPE, droite), elle a été approuvée par 339 voix pour, 225 contre et 16 abstentions.
Le PPE et les trois groupes d'extrême droite ont voté pour, les trois groupes de gauche contre et les libéraux se sont partagés entre votes pour et contre.
L'entrée massive, en juillet à Ceuta, enclave espagnole frontalière du Maroc, de dizaines de milliers de migrants, alimente les attaques de la droite et de l'extrême droite à l'encontre du gouvernement de gauche espagnol.
Les critiques sur la rapidité avec laquelle les migrants sont renvoyés depuis ce territoire espagnol d'Afrique du Nord de 18,5 km² et 80.000 habitants fragilisent le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez à l'approche des élections de l'année prochaine.
La majorité des plus de 70.000 migrants qui étaient entrés à Ceuta les 30 et 31 juillet sont retournés au Maroc dans les heures qui ont suivi leur arrivée.
Plusieurs milliers sont toutefois restés à Ceuta, où la situation s'est depuis dégradée, donnant lieu à des épisodes de violence et à des manifestations quasi quotidiennes de la population locale, qui réclame un retour à la normale.
La résolution approuvée jeudi à Strasbourg, qui critique les «régularisations de masse» de migrants en situation irrégulière comme celle pratiquée en début d'année par le gouvernement espagnol, professe que «les franchissements massifs incontrôlés des frontières et l'instrumentalisation de la migration ne doivent jamais donner l'impression que l'entrée illégale dans l'Union européenne peut se transformer en séjour régulier».
AFP